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Sophie Laligant : Université de Tours
Face à la rapidité des terrains dans la lignée des Rapid Rural Appraisal, aux manques de discernements contextuel et temporel amplifiés par un métalangage, l’éco-scape des catégories propose ici une réflexion sur la dialectique des rapports représentations/systèmes sociaux, en regard de collectifs en train d’advenir, de se désagréger ou de se reconfigurer. Fondée sur un structuralisme dynamique qui rejoint le holisme de sens, ma démarche dévoile l’indicible, l’insoupçonné en déployant les catégories prises non comme des monades mais en relation aux gens et aux sociétés qui les font advenir et les mettent à l’épreuve. En posant les valeurs transcatégorielles, dans le déplacement recréant l’altérité sans la contrainte de la dichotomie, faire l’expérience des catégories sera pensé sous le prisme de la temporalité, de quelque chose en train d’advenir, conséquence du présent plein de l’avenir et chargé du passé. Ni représentation ni image du réel car oblitérant l’expérimentation que les sociétés en ont, la modélisation proposée n'en demeure pas moins efficiente : par son caractère didactique et sa mise en dialogue avec le paradoxe de l’information amenant à penser et à visualiser la formation de la dynamique des représentations comme un instant de convergence et d’expérimentation que les individus et les sociétés en ont, mettant à l’épreuve passé/présent/futur et unité/pluralité/totalité dans des configurations particulières et fluides.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
Titre du colloque :