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Les campements urbains de personnes en situation d’itinérance : un nouveau chez-soi?

CG

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Carolyne Grimard : Université de Montréal

Résumé de la communication

La pandémie a fait apparaître un phénomène qui n’avait jamais été d’une si grande envergure à Montréal, le campement urbain de personnes en situation d’itinérance (PSI), dans un quartier près du centre-ville, soit le campement Notre-Dame (Aït Abdallah, 2020; Bellot, 2020). Puisque de nombreux centres d’hébergement pour PSI étaient fermés ou leur nombre de places était réduit, le campement permettait de combler leur besoin de se loger (Giovanni & Robitaille-Grou, 2020). En revanche, ces campeurs ont rapidement été perçus comme indésirables notamment par le voisinage, les personnes administratrices de la ville ainsi que les forces de l’ordre (Ferah, 2020). Craignant des enjeux de sécurité, le campement Notre-Dame a été démantelé quelques mois après son apparition (Corriveau, 2020). Ce que le campement Notre-Dame a toutefois donné à voir c’est une forme d’habiter qui convenait aux personnes qui y avaient recours. En centrant notre propos sur la notion de communauté, de community first, nous souhaitons que le dialogue sur les façons d’exister, d’utiliser, de circuler, de se rencontrer dans l’espace urbain se centre sur les façons de faire communauté et sur les manières d’habiter la ville, sans forcément inscrire la question à partir d’un logement. Cette présentation veut donc apporter des éléments théoriques à la question des conditions pour habiter et exister dans une grande ville aujourd’hui.

Résumé du colloque

L’itinérance est un phénomène complexe qui est caractérisé par des facteurs interpersonnels, systémiques et structurels. Saisir la complexité des trajectoires exige une conception de l’itinérance qui prend en considération la pluralité des intersections et des oppressions vécues. Autant les milieux de la recherche que de la pratique au Québec reconnaissent que l’itinérance ne peut se réduire uniquement à une conception centrée sur l’absence d’un toit. D’ailleurs, la notion de « rupture sociale » est nommée au sein des différentes politiques sociales du Québec pour définir et appréhender le phénomène de désaffiliation sociale dans lequel s’inscrit l’itinérance (Gouvernement du Québec, 2014). Or, que nous apprend cette notion de rupture sociale sur les processus de discrimination, de stigmatisation, de marginalisation et d’exclusion qui pèsent sur le parcours des personnes en situation d’itinérance? Dans les dernières années, plusieurs recherches ont documenté les différents visages de l’itinérance, mais les processus sociaux qui relient et produisent ces réalités demeurent souvent implicites sans être analysés de front. Dans une volonté de renverser cette tendance, ce colloque propose d’appréhender le phénomène de l’itinérance au prisme de la notion de ruptures sociales par un partage de réflexions issues des travaux de recherche, des pratiques d’intervention et des enjeux méthodologiques. Pour ce faire, nous rassemblerons des contributions autour de trois axes : 1) les savoirs scientifiques sur les notions de ruptures, les processus de marginalisation et d’exclusion dans les parcours de vie des personnes en situation d’itinérance; 2) les pratiques d’intervention novatrices qui renforcent la solidarité, l’inclusion et la citoyenneté pour prévenir et intervenir sur l’itinérance; et 3) les méthodologies participatives qui aspirent à émerger des connaissances et des initiatives pour combler les ruptures en cause dans ces situations d’exclusion.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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