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Marie-Pierre Girouard : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
L’alimentation intuitive, une approche positive de l’alimentation qui propose de s’alimenter sur la base des signaux internes du corps, est un construit significativement distinct des comportements alimentaires problématiques (Tylka & Wilcox, 2006). L’alimentation intuitive a été reliée à de nombreux indices de bien-être, notamment une meilleure image corporelle et une moins forte internalisation des idéaux de beauté (Linardon, Tylka, Fuller-Tyszkiewicz, 2021). Cette étude documente les liens entre les différentes dimensions de l’alimentation intuitive et les enjeux liés à l’image corporelle, sur la base du modèle tripartite (Thompson, Heinberg, Altabe, & Tantleff-Dunn, 1999). Un total de 421 Canadiennes âgées de 18 à 77 ans (38,40 ans ± 13,40) ont participé à une étude en ligne portant sur les attitudes face à l’apparence. L’estime liée au poids est un prédicteur valide de toutes les dimensions de l’alimentation intuitive (β= .156 à .365). Pour la permission inconditionnelle de manger, l’internalisation du modèle de minceur (β= -.150, p = 0.01) et du modèle athlétique (β= -.225, p < 0.00) s’ajoutent comme prédicteurs. Pour le fait de manger pour des raisons physiques plutôt qu’émotionnelles, la tendance à se comparer physiquement aux autres s’ajoute (β= -.141, p = 0.09). Finalement, pour la cohérence corps-aliments, les prédicteurs principaux sont l’estime liée à l’apparence en général (β= .202, p = 0.022) et l’internalisation du modèle athlétique (β= .174, p = 0.002).
On connaît bien les liens qui existent entre la qualité de l’alimentation et la santé. On sait par ailleurs que la saine alimentation ne se mesure pas uniquement par la qualité nutritionnelle des aliments qu’on ingère. La manière de se comporter envers les aliments est également un élément essentiel à considérer lorsqu’on s’intéresse aux facteurs qui favorisent la santé physique et mentale.
Les comportements alimentaires sont influencés par des besoins physiologiques, mais également par des besoins psychologiques et sociaux. Certaines personnes sont caractérisées par des comportements alimentaires flexibles et intuitifs qui s’adaptent à différents contextes. Pour d’autres, la rigidité, l’impulsivité, la préoccupation excessive envers les aliments et la détresse caractérisent leurs comportements alimentaires, ce qui ouvre la porte au développement de certains troubles de conduites alimentaires. L’anorexie, la boulimie et les accès hyperphagiques sont des troubles médicalement reconnus. Certains autres problèmes tels que l’orthorexie et la « mommyrexie » ne possèdent pas de critères diagnostiques officiels, mais sont tout de même extrêmement préoccupants.
La relation entretenue avec la nourriture et l’acte de manger se développe tout au long de la vie et est influencée par différents contextes. Par exemple, l’introduction de nouveaux aliments chez les enfants et les tensions que cela peut générer au sein des familles peut rendre plus difficile l’atteinte d’une relation agréable avec la nourriture. À l’adolescence, l’influence des pairs, l’insatisfaction corporelle et les fluctuations émotionnelles sont des éléments qui peuvent influer négativement sur les comportements alimentaires. La grossesse est également une étape de vie qui comporte des risques pour le maintien de comportements alimentaires sains. Ainsi s’avère-t-il essentiel de mieux connaître les facteurs qui influent sur le comportement alimentaire à différentes étapes de la vie.
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