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Darlene Himick : Université d'Ottawa
Le désinvestissement vert est un mouvement social mondial porté par des activistes qui font campagne pour que les investisseurs (institutionnels, en particulier) cèdent les actifs qu’ils détiennent dans des entreprises liées à la production, la transformation ou la vente de combustibles non-renouvelables et émetteurs de gaz à effet de serre comme le pétrole, le charbon ou le gaz naturel. Dans certains cas, ces activistes font également pression pour que les investisseurs achètent davantage de titres associés à des entreprises qui produisent, commercialisent ou utilisent des énergies propres et renouvelables. Dans cette étude, nos objectifs sont triples. Nous avons pour ambition de mieux comprendre : (1) l’histoire du mouvement social « go fossil free » et les différentes tentatives de (re)problématisation des enjeux du désinvestissement écologique par les principales figures de proue de ce mouvement ; (2) quels types d’investisseurs institutionnels répondent à ce mouvement et de quelles manières ils le font ; (3) la part les arguments éthiques (et leur contenu), par rapport aux arguments prudentiels (gestion des risques) dans les justifications publiques des annonces de décisions de désinvestissement écologique faites par les investisseurs institutionnels qui adhèrent au mouvement.
Les investisseurs institutionnels ont pour mandat d’obtenir le meilleur rendement possible pour les actifs qu’ils gèrent au profit des ayants droit avec qui ils sont liés contractuellement. Or, certains investisseurs institutionnels, au Canada et ailleurs dans le monde, ont publiquement annoncé leur décision de sortir de certains secteurs économiques polluants. C’est le cas notamment de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui a fait part, le 28 septembre 2021, de sa volonté de se désengager de la production pétrolière d’ici la fin de l’année 2022. Comment ces décisions risquées sont-elles prises et justifiées à ceux et celles envers lesquels les investisseurs institutionnels ont une obligation fiduciaire? Dans ce colloque, nous proposons d’orchestrer des réflexions universitaires et pratiques sur les justifications du « désinvestissement écologique » en faisant dialoguer des chercheurs, des militants pour la décarbonisation de l’économie, des gestionnaires d’actifs et des administrateurs de fonds de pension qui gèrent des milliards de dollars et qui ont le pouvoir financier de contribuer à lutter concrètement contre le réchauffement climatique.
Titre du colloque :