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Les défis des enseignants de francisation du programme FIPA face aux besoins psychosociaux et des difficultés d’apprentissage et d’intégration de leurs apprenants

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Garine Papazian-Zohrabian : Université de Montréal

Résumé de la communication

Notre communication orale portera sur les résultats d’une recherche qualitative mandatée par le Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration du Québec, menée en 2019-2020, visant à tracer le profil psychosocial d’immigrants peu alphabétisés, ainsi qu’à identifier les défis des acteurs impliqués dans le processus de francisation de ces personnes. Selon les données du Ministère (2018), ces derniers représentent un peu plus d’un quart de la population immigrante, soit plus de 12 000 personnes en 2018. Parmi ces personnes, on compte une part importante de réfugiés et de demandeurs d’asile, dont les parcours migratoires sont souvent jonchés d’expériences potentiellement traumatiques, pouvant impacter leurs besoins psychosociaux et défavoriser leur francisation. Leur parcours migratoire souvent parsemé de deuils et de traumas, combinés avec un faible niveau de scolarité, engendre ou renforce des difficultés d’apprentissage (Papazian-Zohrabian et al. 2021)

Les participants à cette recherche, sont desservis par un programme de francisation au Québec à destination des immigrants peu alphabétisés (Programme FIPA). Les résultats de cette recherche soulignent les défis que les enseignants de francisation de ce programme ont à relever face aux besoins psychosociaux et aux difficultés d’apprentissage et d’inclusion de ces apprenants et soulèvent plusieurs enjeux liés au bien-être de ces enseignants en général et de leur sentiment de compétence en particulier.

Résumé du colloque

Depuis quelques décennies, le Canada tend vers le développement de systèmes éducatifs ancrés dans un paradigme d’éducation inclusive, chacune des provinces étant à des étapes différentes de ce processus (LISIS, 2012). Ce dernier vise à répondre de façon équitable aux besoins des élèves en étant inclusif de leurs diversités (ex. : situation de handicap, diversité socioculturelle, linguistique, de genre, etc.) (Potvin, 2014), le personnel enseignant occupant un rôle central dans ce processus (Fortier et al., 2018).

Ainsi, dans son emploi, le personnel enseignant est amené à assumer des tâches qui varient selon les réalités et les parcours diversifiés de leurs élèves (Mukamurera et al., 2019). Néanmoins, ces tâches plurielles peuvent parfois alimenter un haut taux de stress vécu par plusieurs au quotidien (TALIS, 2018). La lourdeur du travail enseignant, pouvant être perçue d’un point de vue quantitatif (ex. : nombre de tâches assumées) et qualitatif (ex. : ressources nécessaires), a fréquemment été étudiée (voir Tardif, 2013). Si plusieurs régions dans le monde observent ces phénomènes (García-Arroyo et al., 2018), le Canada n’y fait pas exception. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a contribué à ébranler la santé mentale du personnel enseignant déjà fragilisée (Sokal et al., 2020).

Afin de favoriser le bien-être du personnel enseignant ainsi que la mise en place d’une éducation inclusive, plusieurs écrits soulignent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective de la communauté éducative (CSE, 2017 et 2020). Le présent colloque vise à créer une vue prismatique sur divers environnements et stratégies susceptibles de soutenir le travail enseignant dans des sociétés qui tendent vers l’éducation inclusive : par le milieu scolaire, la communauté ou les familles, par les pratiques ou les dispositifs mis en place dans la classe, par la formation initiale et continue, et ce, dans différents contextes de la francophonie canadienne.

Le corpus de recherches qui superpose les enjeux du bien-être et du travail enseignants, ainsi que l’éducation inclusive en dépassant le champ de l’adaptation scolaire, en englobant toutes les diversités des élèves (Bauer et al., 2019) est ténu. Si ces deux thématiques sont étudiées dans divers contextes particuliers, elles ne sont que rarement abordées dans une perspective pancanadienne. Ainsi, nous souhaitons favoriser une réflexion commune entourant la question suivante : comment être inclusifs au vu des besoins de chacun des élèves sans se sentir dépassés par le travail que cela semble représenter? En ce sens, avec les pénuries actuelles du personnel scolaire qui sévissent dans la francophonie canadienne (Sirois et al., 2021), il paraît nécessaire de s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans chacun des milieux scolaires afin de soutenir le travail enseignant dans la mise en place d’une éducation inclusive.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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