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Virginie Parro : Université de Montréal
Dans la dernière année, j’ai eu l’occasion de prendre part à un projet en recherche partenariale avec un organisme autochtone, un organisme allochtone et la Chaire de recherche Myriagone. En tant qu’étudiante en psychoéducation à la maîtrise, cette implication dans la recherche partenariale m’a permis d’en apprendre davantage sur la recherche qualitative, plus spécifiquement avec des partenaires issus des Premières Nations. Mes apprentissages se situent sur deux tableaux: mon rapport avec les partenaires et mon rapport au savoir. Au niveau de mon rapport avec les partenaires, j’ai réfléchi au rôle du chercheur et à la pertinence d’adopter une posture de soutien et de support avec les partenaires, même si cela peut mener à un déséquilibre (Gaulin & al., accepté). Il est également important de rester consciente de ses privilèges et des rapports de pouvoir pouvant exister au sein du partenariat (Smith, 2021). Au niveau de mon rapport avec le savoir, j’ai réalisé l’importance de laisser place à une variété de savoirs, qui se construisent et s’influencent, comme la métaphore du perlage décrite par des membres de notre équipe (Gaulin & al., accepté). Par exemple, en co-construisant l’interprétation des résultats avec les partenaires autochtones (Gaulin & al., accepté). Ces apprentissages se sont faits au travers de ma participation aux rencontres et aux tâches, de mes lectures et de la collaboration avec ma directrice de recherche et mes collègues en recherche.
La méthodologie étant au cœur des processus de production des connaissances scientifiques, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) poursuit une réflexion sur les particularités de la formation aux démarches qualitatives. Pour faire suite au colloque qu’elle a tenu en 2019, intitulé « Former par et à l’écriture du qualitatif », l’ARQ propose ce nouvel événement scientifique qui vise à explorer et à expliciter les tensions au cœur de la formation aux méthodologies qualitatives, et ce, tant du point de vue des processus d’enseignement et de transmission — vus du côté des enseignant.e.s — que des processus d’expérimentation et d’appropriation — vus du côté des étudiant.e.s. En raison de leurs aspects non codifiés, ajustés au contexte et créatifs, les démarches qualitatives ne peuvent être enseignées comme une marche à suivre prédéterminée. De plus, leur caractère itératif et indéterminé entre parfois en contradiction avec les milieux formels universitaires. Dès lors, cela incite à examiner les modalités et les conditions de leur mise en œuvre, à questionner comment les enseignant.e.s et étudiant.e.s négocient ces tensions afin d’enseigner et de s’approprier ces méthodologies. L’ARQ souhaite explorer ce sujet sous trois axes explicitant les tensions : 1) entre prescriptions et pratiques, afin d’interroger l’adaptation et la traduction des aspects théoriques et génériques des ouvrages méthodologiques aux terrains variés où la découverte et l’imprévisibilité sont de mise; 2) entre partage et négociation, afin d’explorer le rôle de l’expérimentation pratique, distante d’applications de formules et directives, dans l’échange, l’appropriation, la négociation et la réflexion critique des pratiques méthodologiques; et 3) entre conventions et innovations, afin d’interroger l’interaction entre les nombreuses contraintes issues des conventions, institutionnalisées ou implicites, et la capacité de s’approprier les aspects non codifiés des méthodes qualitatives afin d’innover.
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