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Les fausses nouvelles nous rendent-elles moins libres?

ÉB

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Étienne Brown : San José State University

Résumé de la communication

L’une des thèses fréquemment défendues par les critiques des réseaux sociaux consiste en l’affirmation qu’ils nous rendent moins libres. Dans son livre Stand Out of Our Light, James Williams (2018) soutient par exemple que les réseaux sociaux créent une nouvelle forme de dépendance. Selon Shoshana Zuboff (2019), c’est plutôt la transformation des internautes en matériau extrait par les géants du capitalisme de surveillance qui contribue à l’érosion de notre liberté. Or, malgré la popularité croissante de ce discours, la conception de la liberté humaine qui le sous-tend demeure foncièrement floue. Mon propre objectif sera ici de contribuer à la réflexion philosophique sur le rapport entre réseaux sociaux et liberté en analysant plus particulièrement le cas des fausses nouvelles. Pour ce faire, j’argumenterai tout d’abord la thèse que les conceptions dominantes de la liberté – à savoir la liberté négative et la liberté comme non-domination – ne nous permettent pas de concevoir la désinformation comme une véritable menace. Or, il existe une troisième conception de la liberté – la liberté entendue comme autonomie – qui corrobore l’hypothèse selon laquelle les fausses nouvelles nous rendent moins libres. Si « être libre » signifie avoir les moyens d’atteindre les objectifs que notre volonté se fixe, alors les croyances erronées induites par les fausses nouvelles font réellement obstacle à la liberté humaine.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

Science, philosophie, société