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Annie Gendron : École nationale de police du Québec
L’accès à la profession policière au Québec implique d’abord l’obtention d’un diplôme d’études collégiales en techniques policières, et ensuite la réussite du programme de formation initiale en patrouille et gendarmerie de l’École nationale de police du Québec. Comparativement à d’autres modèles de formation policière où la durée est beaucoup plus courte (voir Oberfield, 2012), ou décentralisée (voir Barrett et al., 2009), le cursus de formation au Québec se démarque nettement sur ces deux points. Or, plusieurs facteurs ou motivations peuvent influencer le choix de devenir policier (Richard et Pacaud, 2011). Afin de mieux connaître qui sont les candidats qui amorcent un tel parcours académique, il est pertinent de se questionner au sujet de l’intérêt de mener une carrière policière au Québec. Cette communication présentera les premiers résultats d’une étude longitudinale démarrée en 2019 auprès d’une cohorte d’étudiants nouvellement admis au programme de techniques policières dans l’un des 12 collèges québécois offrant cette formation. Au T1, 780 étudiants ont accepté de répondre à une batterie de questionnaires couvrant notamment les motivations, les ambitions de carrière et les attitudes professionnelles. Au T2, 634 étudiants ont à nouveau accepté de répondre à ces mêmes questionnaires. Des analyses de regroupement ont montré l’existence de différents profils qui évoluent au fil du temps.
La réalité policière actuelle fait l’objet de discussions partout dans le monde. Par ailleurs, il souffle un vent de questionnement envers la profession. Que devrait faire la police? Comment? Quelle formation les policiers devraient-ils recevoir? Comme le métier de policier est exigeant tant physiquement que mentalement, quel type de soutien ces travailleurs devraient-ils recevoir? Quand?
Au Québec, le Comité consultatif sur la réalité policière a déposé, en 2021, un rapport très attendu dans lequel il faisait écho aux témoignages de très nombreux intervenants sur une foule de sujets. Il en est ressorti 138 recommandations, dont une est justifiée par la nécessité de « favorise[r] l’amélioration continue des interventions et des pratiques » (p. 32) par la consolidation de la recherche universitaire sur la police.
Ce colloque vise à mettre en valeur la recherche actuellement menée sur des sujets évoqués dans le rapport du comité consultatif. Il s’agit d’un « premier » pas vers l’établissement d’une communauté de chercheuses et chercheurs intéressés par le sujet, mais adoptant des points de vue multiples. D’abord, le travail policier fera l’objet de deux présentations : une lors de laquelle il sera question de la préservation de la santé mentale des policiers, et l’autre, du désengagement policier. Ensuite, la formation des policiers sera abordée par le biais des premiers résultats d’une étude longitudinale visant à suivre les trajectoires professionnelles de futurs policiers. Les outils de travail mis à la disposition des policiers seront aussi discutés, en particulier l’impact des caméras corporelles sur les perceptions citoyennes. Enfin, deux présentations porteront sur les systèmes québécois et canadiens de contrôle des déviances policières.
Les discussions actuelles sur la place de la police dans notre société nécessitent des bases empiriques solides que la recherche universitaire peut et veut fournir.
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