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L’esthétique comme science normative : vers une stylistique peircienne des rapports sociaux

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Frédéric Dion : Université de Montréal

Résumé de la communication

Cette proposition a pour objectif de présenter un dispositif de recherche élaboré en vue d’enquêter sur le « style », conçu comme modalité d’incorporation et de thématisation de l’expérience esthétique qu’ont les acteurs sociaux de leur environnement quotidien. Un pan de la recherche actuelle en esthétique définit celle-ci comme un type de rapport (perceptuel, cognitif, pratique) particulier au monde que les êtres humains entretiennent avec lui afin de réfléchir et de ménager, sur le mode de l’engagement et au quotidien, leur inscription dans ce monde. L’expérience esthétique, bien qu’intrinsèque à l’expérience humaine, n’a que peu été prise en compte jusqu’à maintenant dans la recherche empirique en sciences sociales autrement qu’en reproduisant l’aporie d’une identité entre le beau et l’esthétique. Dans la perspective de combler cette lacune, la question se pose de la manière dont on peut enquêter sur cette expérience esthétique, sur le sens qui lui est conféré, considérant qu’elle résulterait souvent, selon plusieurs, en une compréhension au moins partiellement tacite, donc relevant de l’indicible. Notre hypothèse est que le corpus peircien contient quelques pistes de solution intéressantes, face à cette difficulté, notamment dans sa compréhension de l’esthétique comme science normative, ou dans le lien trouble que Peirce identifie entre priméité et conscience.

Résumé du colloque

Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Simon Levesque
section icon Date : 9 mai 2022

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