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Aguerata Kabore : École de technologie supérieure
La construction en terre crue et en torchis favorise l’économie circulaire, du fait de la capacité de pouvoir recycler les résidus en torchis ou en terre en fin de cycle de vie du bâtiment. Le torchis est un matériau formulé avec de la terre argileuse et des fibres végétales, c’est un matériau géosourcé neutre en carbone. Compte tenu de la lutte contre les émissions de GES, les recherches se concentrent plus vers les matériaux géosourcés et naturels à faibles émissions de CO2. Cependant, le manque de références scientifiques sur le comportement hygrothermique fait que ces matériaux sont peu ou pas utilisés dans le domaine de la construction moderne, notamment le torchis qui est en voie de disparition, mais qui a un long héritage. Le torchis produit pour cette étude a une masse volumique comprise entre 1500 et 1800 kg/m3, une conductivité thermique comprise entre 0,16 et 0,2 W.m-1.K-1 pour les mélanges de fibres de 3 % à 6 % avec une capacité thermique massique de 830 à 1003 J.kg-1.K-1. Cette étude a pour objectif d’évaluer la performance hygrothermique des matériaux en torchis pour la construction en bois/torchis. Les caractérisations des argiles et des fibres ont été effectuées avant la production du torchis. Ensuite les propriétés hygrothermiques du torchis ont été mesurées. Les valeurs des mesures seront utilisées pour alimenter le modèle de simulation numérique.
L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.
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