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Judith Sigouin : Université de Montréal
Cette présentation propose une réflexion sur l'alliance thérapeutique (AT) entre travailleur social et personne en situation d'itinérance dans un contexte RSSS. Plusieurs soulignent le rôle bénéfique que peut jouer une bonne alliance avec l’intervenant sur ces ruptures relationnelles (Hurtubise et al, 2020). Deux aspects demeurent centraux dans cette AT: la collaboration dans un rapport mutuel et l’attachement interpersonnel entre professionnel et personne accompagnée (Hervé et al., 2008). Par exemple, des tensions peuvent émerger lorsque des notions telle que l’attachement interpersonnel se confronte à des valeurs telles l’objectivité clinique ou encore à des considérations éthiques valorisant la distance professionnelle. Ou encore, la standardisation des pratiques implantée par la montée de la NGP dans notre système de soins peut venir poser obstacle à la valorisation de l’unicité et la profondeur de la relation, ne favorisant pas sa solidification. Dans un deuxième temps, la notion de mutualité sera explorée et a une notion qui en découle : la créativité. J’explorerai la question de la créativité en intervention comme possible moyen pour les intervenants de naviguer dans le cadre proposé par le RSSS tout en permettant la valorisation de l’attachement unique qui se tisse. J’appuierai cette réflexion en me référant aux diverses formes de pratiques silencieuses/créatives qui ressortent dans les écrits et dont je suis témoin dans ma pratique.
L’itinérance est un phénomène complexe qui est caractérisé par des facteurs interpersonnels, systémiques et structurels. Saisir la complexité des trajectoires exige une conception de l’itinérance qui prend en considération la pluralité des intersections et des oppressions vécues. Autant les milieux de la recherche que de la pratique au Québec reconnaissent que l’itinérance ne peut se réduire uniquement à une conception centrée sur l’absence d’un toit. D’ailleurs, la notion de « rupture sociale » est nommée au sein des différentes politiques sociales du Québec pour définir et appréhender le phénomène de désaffiliation sociale dans lequel s’inscrit l’itinérance (Gouvernement du Québec, 2014). Or, que nous apprend cette notion de rupture sociale sur les processus de discrimination, de stigmatisation, de marginalisation et d’exclusion qui pèsent sur le parcours des personnes en situation d’itinérance? Dans les dernières années, plusieurs recherches ont documenté les différents visages de l’itinérance, mais les processus sociaux qui relient et produisent ces réalités demeurent souvent implicites sans être analysés de front. Dans une volonté de renverser cette tendance, ce colloque propose d’appréhender le phénomène de l’itinérance au prisme de la notion de ruptures sociales par un partage de réflexions issues des travaux de recherche, des pratiques d’intervention et des enjeux méthodologiques. Pour ce faire, nous rassemblerons des contributions autour de trois axes : 1) les savoirs scientifiques sur les notions de ruptures, les processus de marginalisation et d’exclusion dans les parcours de vie des personnes en situation d’itinérance; 2) les pratiques d’intervention novatrices qui renforcent la solidarité, l’inclusion et la citoyenneté pour prévenir et intervenir sur l’itinérance; et 3) les méthodologies participatives qui aspirent à émerger des connaissances et des initiatives pour combler les ruptures en cause dans ces situations d’exclusion.
Titre du colloque :