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Deborah Meunier : Université de Liège
Malgré le caractère inclusif des récentes réformes de l’enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles, peu d’enseignant·e·s sont formé·e·s aux approches plurielles (Auger, 2010; Auger & Le Pichon, 2021; Moore, 2006, 2019) qui valorisent et mobilisent les langues des élèves pour apprendre le français langue de scolarisation (Verdelhan, 2002). Le système éducatif belge francophone perpétue une doxa monolingue en ignorant les langues familiales, voire en interdisant leur utilisation à l’école (UNIA, Baromètre de la diversité, 2018; Verhoeven, 2011). Partant des données récoltées auprès d’enseignant·e·s de 5 écoles secondaires, nous identifions plusieurs stéréotypes sur le bilinguisme/plurilinguisme des élèves, entre valorisation de la diversité et reproduction d’un discours normatif sur les langues et leur apprentissage (Meunier, 2013, 2018). Nous proposons d’étudier ici la dynamique discursive des représentations du plurilinguisme et du rapport à l’altérité (Castellotti, 2017; Moore, 2001). Les données analysées sont issues de deux méthodes ethnographiques : la collecte de sources écrites diverses (supports de cours, cahiers de matières, évaluations, supports de communication), des entretiens semi-dirigés et des échanges informels avec les informateur·ices. L’analyse des représentations enseignantes permettra d’identifier des gestes professionnels à caractère inclusif ou au contraire ségrégatif (Goï & Huver, 2013), dans une perspective d’intervention et de formation.
De nombreuses personnes utilisent au quotidien d’autres langues que les langues officielles du pays où elles habitent. Au Québec, par exemple, 13,4 % de la population utilise une langue autre que le français ou l’anglais à la maison (Statistique Canada, 2017). Plusieurs personnes font aussi appel à plus d’une ressource de leur répertoire linguistique selon la situation (personnelle, professionnelle, etc.). Ce plurilinguisme se traduit par une plus grande diversité linguistique et culturelle des apprenant·e·s dans les diverses institutions scolaires et autres contextes éducatifs (ex. : garderies, bibliothèques, musées, etc.). Cette diversité se retrouve aussi chez les personnes professionnelles œuvrant dans ces milieux. Elle amène une grande richesse, mais aussi certains défis. Par exemple, pour les enseignant·e·s des écoles primaires et secondaires au Québec, aider tous les élèves à développer une maîtrise de la langue française suffisante à la réussite scolaire et à l’intégration s’avère un défi majeur. Devant ce défi, le nombre de milieux éducatifs où des approches plurilingues sont mises en œuvre demeure limité, même si la recherche empirique fournit peu d’appui aux approches monolingues (Cummins, 2007). En effet, chez les personnes plurilingues, les ressources cognitives entre les langues sont interdépendantes (Lau et al., 2017) : le développement de compétences en littératie dans une langue favoriserait leur développement dans une autre langue (Cummins, 2014). De plus, des recherches montrent que les ressources du répertoire linguistique constituent des marqueurs identitaires (Levasseur, 2017; Moore et Py, 2008) qui jouent un rôle important dans le développement d’identités linguistiques plurilingues (Pilote et al., 2010; Brisson, 2017).
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