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Aude Bandini : Université de Montréal
Dans article récent consacré au phénomène de la prolifération des fausses nouvelles sur les réseaux sociaux, Regina Rini (2017) porte l'attention sur le caractère encore indéterminé des règles qui gouvernent des pratiques comme celles du partage de contenu sur internet. À première vue, il semble clair que l'on n'a pas affaire dans ce cas à un acte de discours qui relèverait de l'assertion: publier ou republier une photo, un article, une vidéo, n'implique pas nécessairement qu'on en endosse le contenu, même si cela peut aussi être le cas. À moins que ce partage soit lui-même assorti d'un commentaire ou d'un marqueur (par exemple un émoji) qui explicitent l'intention de la personne qui le réalise (informer, critiquer, provoquer, divertir, etc.), le type d'acte de discours auquel on a affaire, ses conditions de félicité, et le type de responsabilité à la fois épistémique, morale et politique qu'il implique, demeurent obscurs. Ce sont précisément ces points, et le type d'imputabilité qu'on pourrait concevoir à partir de là, qui nous intéresseront ici, en lien avec l'émergence de nouvelles formes de (auto- )régulation du discours, qui sont parfois instaurées par les plate-formes de diffusion, les pouvoirs publics, ou encore les groupes d'utilisateurs eux-mêmes ("netiquette", charte HONcode).
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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