pen icon Colloque
quote

Per speculum in aenigmate : philosophie, theó logie et connaissance inteŕ ieure de Dieu chez Maître Eckhart

PD

Membre a labase

Pierre-Luc Desjardins : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Résumé de la communication

Dans Raison et foi, Alain de Libera affirme la « symphonie », chez Maître Eckhart, de la théologie et de la philosophie. Pourtant, dans leur accord, la théologie (réduite à la vérité métaphysique de la Révélation néotestamentaire) demeure l’expression la plus aboutie d’une vérité unique que les sciences philosophiques ne peuvent connaître que de manière imparfaite. Telle que la conçoit Eckhart, la relation entre théologie et philosophie s’ancre dans un cadre épistémique construit autour de l’opposition de l’intérieur et de l’extérieur. Cette opposition reflète la tension existant au sein de l’être même, entre nature et surnature, entre le mouvement et son achèvement. De fait, toute tentative de connaissance du vrai ne peut s’accomplir que dans l’union intérieure avec le Verbe divin, n’atteignant son objet qu’en dépassant l’extériorité et la matérialité naturelles qui sont encore celles du langage. Paradoxalement, un discours ne se constitue comme discours pleinement vrai que dans la mesure où il cesse d’être discours – que dans la mesure où il cesse d’être rationnel. Ce qu’il s’agira d’interroger est la manière dont ce cadre épistémique, renversant les termes traditionnellement conçus de l’opposition entre raison et foi, place la vraie connaissance du côté de l’intériorité vécue, renvoyant tous les discours traditionnellement conçus comme rationnels au domaine de la foi et donc à celui d’une connaissance imparfaite.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

Découvrez d'autres communications scientifiques

news icon

Titre du colloque :

Science, philosophie, société

Autres communications du même congressiste :

news icon

Thème du colloque :

Science, philosophie, société