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Guillaume St-Laurent : Université de Montréal
La présente communication comporte un double objectif. Le premier est de clarifier, en prenant appui notamment sur les analyses récentes de Larmore (2020), sous quelles conditions l’éthique de la croyance peut rendre justice au phénomène du désaccord raisonnable, comme il se manifeste dans la plupart des débats en philosophie ainsi que dans les sciences humaines. Le second objectif est de soutenir ce qu’on appellera un « évidentialisme minimal », expurgé du présupposé fautif – qui caractérisait l’évidentialisme classique – selon lequel la pleine croyance n’est légitime que lorsque celle-ci peut être démontrée. Comme on l’aura montré dans la première partie, il est au contraire moralement acceptable de croire pleinement à tout ce qu’on tient d’emblée pour vrai pourvu qu’on ne voie aucune raison positive d’en douter à la lumière de l’ensemble de nos croyances d’arrière-plan. Toutefois, plus ce qu’on croit est désirable et se rattache à des bénéfices psychologiques évidents, plus il convient de traiter cette croyance avec suspicion, c’est-à-dire comme le fruit d’un jugement possiblement altéré, sinon « vicié », et de s’ouvrir aux objections qui pourraient lui êtreopposées. En d’autres termes, le caractère désirable de ce qu’on croit vrai est en soi une raison positive d’en douter, de le considérer avec suspicion et de chercher à l’infirmer, si tant est qu’il ne soit pas possible d’en démontrer la vérité
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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