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Maude Blackburn : Université de Montréal
À la Faculté des sciences infirmières (FSI) de l’Université de Montréal, la téléconsultation, et la déontologie qui encadre cette pratique, étaient peu abordées dans les programmes de maîtrise infirmière praticienne spécialisée (IPS).
Dans un délai de deux mois, huit simulations cliniques de haut réalisme (SCHR) formatives sur la téléconsultation ont été créés par la collaboration d’experts en simulation, professeurs, chargés de cours de la FSI, et cinq experts de contenu IPS en santé mentale, première ligne et soins aux adultes. L’ensemble des étudiants des programmes IPS des trois spécialités (n=112) et des deux années d’études ont expérimenté ces SCHR durant 8 jours en mai et juin 2021, via Zoom, auprès de participants simulés. La logistique complexe de la conception et de la mise en oeuvre rapide de ce projet innovant sera décrite, ainsi que les défis pédagogiques rencontrés par l’équipe d'experts en simulation.
À la suite de l’activité, les étudiants ont reconnu être plus outillés pour mener ce type de consultation, et ont mentionné la nécessité d’intégrer plus de simulations à travers le programme. En plus de répondre à un besoin d’apprentissage des IPS, le développement de ces SCHR sur la téléconsultation a permis à plusieurs formateurs novices en simulation de s’initier concrètement à cette méthode pédagogique. Ce processus de développement rigoureux et efficace sert maintenant pour le développement collaboratif de nouvelles SCHR dans tous les programmes de la Faculté.
Au cours des 20 dernières années, la simulation clinique a connu une progression fulgurante dans les programmes de formation des professionnels de la santé. Fondée sur des principes d’apprentissage expérientiel et situé, cette stratégie pédagogique vise à remplacer ou à amplifier une expérience réelle par une expérience guidée, immersive, interactive et réaliste. Les activités de simulation sont généralement très appréciées des apprenants et des apprenantes. Les résultats de recherche tendent aussi à appuyer leur efficacité pour l’apprentissage et le rehaussement de la qualité des soins.
Dans les milieux cliniques et universitaires, on assiste à une diversification des modalités et au développement d’innovations en simulation. Les formateurs et formatrices disposent aujourd’hui de technologies leur permettant de simuler des situations de soins dans différents contextes d’apprentissage. La réalité virtuelle ou des principes de gamification sont des innovations qui ont aussi fait leur apparition. Par ailleurs, la simulation n’est plus seulement réservée au domaine des soins critiques; elle est maintenant exploitée dans des spécialités variées, telles que la santé communautaire, la santé mentale ou la périnatalité.
Parallèlement, la recherche sur la simulation a connu une croissance fulgurante. En comparaison avec d’autres stratégies éducatives, une quantité importante de connaissances scientifiques appuient l’efficacité de la simulation pour favoriser le développement des compétences et améliorer la qualité des soins. Or, les chercheurs se questionnent de plus en plus sur les mécanismes qui sous-tendent ces effets et l’apport potentiel de différentes modalités de simulation. Il ne s’agit plus de déterminer si la simulation permet d’apprendre, mais bien de comprendre comment elle contribue au développement des compétences et comment optimiser son utilisation.
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