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Quand la diversité linguistique s’invite dans l’enseignement grammatical : regard sur les pratiques déclarées d’enseignant-es en contextes éducatifs québécois et ontariens

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Catherine Maynard : Université Laval

Résumé de la communication

Une diversité linguistique et culturelle grandissante marque les écoles de langue française, au Québec comme en Ontario (MELS, 2014 ; MEO, 2010). Les pratiques d’enseignement gagneraient donc à s’actualiser dans un contexte de « collaboration linguistique et culturelle » (Lory et Prasad, 2020) associé au recours à des approches plurilingues (Armand et al., 2008; Moore, 2006). C’est notamment le cas pour l’enseignement de la grammaire, figure emblématique de la tradition scolaire francophone. Ordinairement ancré dans une perspective monolingue, cet enseignement est de plus en plus étudié à la lumière des travaux sur la diversité linguistique (de Pietro, 2006 ; Maynard et al., 2020; Thibeault et Quevillon Lacasse, 2019), sans toutefois que les pratiques plurilingues effectivement utilisées par les enseignant×es ne soient rapportées. Ce faisant, notre recherche, qualitative et exploratoire, vise à décrire les pratiques déclarées d’enseignant×es du Québec et de l’Ontario qui prennent en compte la diversité linguistique aux moments d’enseigner la grammaire. Ainsi avons-nous identifié, au moyen de l’analyse thématique d’entretiens menés auprès de 23 enseignant×es, 11 pratiques d’enseignement plurilingues, opérationnalisées selon des modalités diverses, que nous présenterons dans cette communication. Il s’en dégagera des pistes de bonification de l’offre de formation initiale et continue pour mieux soutenir l’enseignement offert dans différents contextes éducatifs.

Résumé du colloque

De nombreuses personnes utilisent au quotidien d’autres langues que les langues officielles du pays où elles habitent. Au Québec, par exemple, 13,4 % de la population utilise une langue autre que le français ou l’anglais à la maison (Statistique Canada, 2017). Plusieurs personnes font aussi appel à plus d’une ressource de leur répertoire linguistique selon la situation (personnelle, professionnelle, etc.). Ce plurilinguisme se traduit par une plus grande diversité linguistique et culturelle des apprenant·e·s dans les diverses institutions scolaires et autres contextes éducatifs (ex. : garderies, bibliothèques, musées, etc.). Cette diversité se retrouve aussi chez les personnes professionnelles œuvrant dans ces milieux. Elle amène une grande richesse, mais aussi certains défis. Par exemple, pour les enseignant·e·s des écoles primaires et secondaires au Québec, aider tous les élèves à développer une maîtrise de la langue française suffisante à la réussite scolaire et à l’intégration s’avère un défi majeur. Devant ce défi, le nombre de milieux éducatifs où des approches plurilingues sont mises en œuvre demeure limité, même si la recherche empirique fournit peu d’appui aux approches monolingues (Cummins, 2007). En effet, chez les personnes plurilingues, les ressources cognitives entre les langues sont interdépendantes (Lau et al., 2017) : le développement de compétences en littératie dans une langue favoriserait leur développement dans une autre langue (Cummins, 2014). De plus, des recherches montrent que les ressources du répertoire linguistique constituent des marqueurs identitaires (Levasseur, 2017; Moore et Py, 2008) qui jouent un rôle important dans le développement d’identités linguistiques plurilingues (Pilote et al., 2010; Brisson, 2017).

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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