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Daniel Daigle : Université de Montréal
Pour les élèves sourds, l'acquisition de l'orthographe est un défi considérable, notamment parce que le code orthographique est basé sur une langue à laquelle la plupart d'entre eux ont un accès limité. La majorité des études menées auprès d'élèves sourds ont rapporté qu'ils accusent un retard par rapport à leurs pairs entendants. Cependant, ces recherches ne recourent que rarement à une grille de classification des erreurs orthographique. L'utilisation d'une telle grille permet pourtant de brosser un portrait précis des connaissances orthographiques des apprentis-scripteurs concernés. Le but de cette présentation est de décrire les compétences orthographiques de 19 élèves sourds (âge moyen =10,9 ans) et de comparer leurs erreurs à celles de 20 élèves entendants du même âge et 17 élèves entendants plus jeunes, mais de même niveau de lecture. Dans un premier temps, les résultats obtenus dans le cadre de notre étude seront présentés. Ces résultats indiquent que les erreurs des élèves sourds sont qualitativement différentes de celles des élèves entendants, mais ne se distinguent pas de ces derniers sur le plan quantitatif. Dans un deuxième temps, des pratiques pédagogiques issues de cette étude seront exemplifiées de manière à fournir aux intervenants des outils pour mieux travailler l’orthographe en classe.
Sur le plan international, l’inclusion et la participation sociale sont devenues une visée importante des politiques éducatives concernant les élèves sourds ou ayant une surdité (ONU, 2006). Également, les recherches actuelles portant sur l’éducation des enfants sourds (Kristoffersen et Simonsen, 2014) mettent en évidence l’importance de la littératie comme un enjeu pour le développement du langage précoce chez ces enfants, ce qui peut favoriser le développement de la participation sociale. La littératie est vue ici sous l’angle de la maîtrise de la lecture et de l’écriture et des usages sociaux de l’écrit (Burgat, 2009) ou de la communication (y compris la langue orale) permettant à la personne de participer activement dans la société et dans différents contextes. Or, il est reconnu que les enfants sourds ont un niveau de compétence moins élevé de littératie par rapport aux pairs entendants (Berthiaume et Daigle, 2014). Un défi réside pour l’élève sourd tant dans l’apprentissage de la langue orale que dans le développement des habiletés en lecture, mais aussi d’écriture. Or, le développement de la littératie et de la participation sociale de l’élève sourd ou ayant une surdité paraît étroitement lié au contexte d’enseignement de l’élève oraliste ou bilingue tout au long de sa scolarité (Letscher et al., 2013, 2020). Il y a lieu de rappeler que les difficultés de lecture et d’écriture ont une incidence au-delà de la scolarité de l’élève sourd, mais risquent aussi d’entraver sa participation dans le monde du travail, sa qualité de vie (Ducharme, Arcand et Chrétien, 2010), ainsi que d’autres domaines de vie. Quel état de la situation est-il possible de faire sur l’éducation des élèves sourds ou ayant une surdité, qui implique tant les personnes sourdes ou ayant une surdité, mais aussi leur famille et les intervenants scolaires et des services complémentaires, du réseau de la santé et des services sociaux et communautaires et de l’administration des politiques? (Veuillez noter que toutes les présentations seront interprétées en langue des signes québécoise.)
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