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Jérôme Gosselin-Tapp : Queen's University
L’objectif de cette communication est de réfléchir à la place du récit, et surtout du récit national, dans le coffre à outils des chercheurs en philosophie politique appliquée. Il sera plus précisément question de deux de ses fonctions potentielles au niveau de la théorisation politique. D’une part, le récit national pourrait intervenir lors de l’opérationnalisation d’un modèle abstrait, comme paramètre de la stabilité politique. La validité d’un modèle en philosophie politique contemporaine est souvent considérée comme tributaire de sa capacité à garantir une certaine stabilité politique. Il n’y a toutefois pas de consensus quant à ce sur quoi peut légitimement reposer la paix sociale. Notamment, on peut se demander dans quelle mesure le récit national doit être pris en charge comme dimension de la stabilité motivationnelle (au niveau de la relation entre des principes politiques et le sentiment de justice qu’ils suscitent). D’autre part, le récit national pourrait aussi servir à justifier normativement certaines dispositions particulières d’un modèle. Ceci soulève, par exemple, la question à savoir si les spécificités des différentes trajectoires nationales sont pertinentes pour penser la portée et la nature des droits collectifs. Cette communication consiste ultimement en une analyse et une comparaison des implications, sur le plan méthodologique et normatif, de ces deux usages potentiels du récit national en philosophie politique.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
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