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Johana Monthuy-Blanc : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La posture dimensionnelle en santé mentale, optée par l’unité de recherche du GR2TCA-Loricorps, positionne les TCA comme des troubles perceptuels relatifs à un continuum d’intensité des attitudes et comportements alimentaires ; allant des plus fonctionnels aux plus dysfonctionnels (dont les TCA eux-mêmes ; Sundgot‐Borgen & Torstveit, 2010 ; Turgon, 2015 ; Karer, 2020). Cette approche permet une vision plus holistique des manifestations en santé mentale pour se calquer davantage sur la réalité populationnelle et ce particulièrement en contexte pandémique de COVID-19. En effet, avant la pandémie, parmi ces attitudes et comportements alimentaires dysfonctionnels (ACAD), 70% des jeunes filles veulent être plus minces et 80% des femmes et 45% des hommes présentent une insatisfaction corporelle. Durant la pandémie, les routines alimentaires quotidiennes bouleversées par les mesures de confinement et l'utilisation accrue de nouvelles technologies et des réseaux sociaux ont induit des conséquences délétères sur les perceptions et les sensations corporelles en surexposant la personne à sa propre image (Di Renzo et al., 2020). Dans cette présentation, l’apport conceptuel et empirique des troubles perceptuels appliqué aux ACAD permettront de positionner l’innovation du GR2TCA-Loricorps sur les perspectives allo- & égo-centrée de l’image du corps en eÉducation à la santé et en eSanté (Monthuy-Blanc et al., 2020; Monthuy-Blanc et al., 2022) pour un mieux- & bien-être alimentaire.
La perception qu’un individu se fait de son propre corps est multiple. Dans une perspective neuro-cognitive, les perceptions et les représentations corporelles seraient au minimum de deux sortes, c’est-à-dire l’image du corps d’un côté et le schéma corporel de l’autre.
L’image du corps renvoie à une représentation consciente de son corps qui regroupe les attitudes, les émotions envers ce dernier et provenant de celui-ci, associée à sa perception visuelle. Par exemple, penser ou imaginer son corps comme gros, en lien avec une insatisfaction corporelle. Le schéma corporel quant à lui renvoie à une représentation plus inconsciente de notre corps, support de l’action motrice, de la perception tactile. Par exemple, l’encodage et la perception correcte de notre morphologie nous permet de nous déplacer correctement dans notre environnement sans heurt.
Des altérations diffuses de ces perceptions corporelles sont observées dans divers contextes pathologiques (anorexie mentale, postchirurgie, douleur chronique, psychose) qui ne semblent pourtant pas directement liés les uns aux autres. Cela vient questionner le lien entre image du corps et schéma corporel, l’incidence qu’ont ces distorsions sur l’origine et le maintien de ces troubles, ainsi que la nécessité de mieux évaluer ces distorsions pour mieux les prendre en charge.
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