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Revitalisation d’une culture autochtone de Guyane (kali’na) par sa jeunesse

AG

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Amandine Galima : Jeunesse autochtone de Guyane

Résumé de la communication

Les jeunes Autochtones de Guyane mettent à profit tant les connaissances transmises par les aînés que celles offertes par la société moderne pour être pleinement conscient.e.s de leurs droits et les faire valoir. C’est l’analyse de cette dynamique qui sera développée dans cette communication.

Une fracture entre les générations s’est créée à partir de l’expérience violente traversée par les anciens et le profond traumatisme qui en a découlé. Dans les « homes indiens », des internats religieux, les enfants, parfois arrachés à leurs familles, ne revenaient qu’une fois par an chez leurs parents. Cette période a duré en Guyane une cinquantaine d’années (années 30 à 80). Les violences physiques et psychologiques imposées par les institutions se sont doublées de violences symboliques, accentuées par les contradictions inhérentes au processus d’assimilation forcée. Ainsi la francisation obligatoire des patronymes : un mécanisme qui imposait d’avoir un nom de famille tout en interdisant l’utilisation des patronymes autochtones déjà existants.

L’incompréhension entre les générations s’est manifestée dans la mesure où les aînés, marqués par le contrecoup de l’acculturation forcée, se sont en quelque sorte conformés à leur statut social imposé. Ils ne comprenaient pas pourquoi les jeunes revendiquaient des droits et une fierté culturelle à laquelle nombre d’entre eux avaient renoncé. La revitalisation de leur culture est donc le défi auquel font face les jeunes Autochtones de Guyane.

Résumé du colloque

Problématique

Si l’on considère que les savoirs circulent davantage à notre siècle qu’aux précédents, il convient néanmoins de (se) poser la question de leur démocratisation. En effet, une meilleure accessibilité aux savoirs implique-t-elle leur démocratisation? C’est tout l’enjeu de ce colloque.

On interrogera dans ce colloque les savoirs au pluriel, c’est-à-dire tant les savoirs scolaires, officiels (universités, instituts de recherche, etc.), que les savoirs endogènes. Par savoirs endogènes, on inclut les savoirs considérés ou vécus comme traditionnels. Dans cet ordre d’idées, on envisage les rapports entre les savoirs. Mais qui décide de leur visibilité et de leur transmission à grande échelle? Une indéniable concurrence idéologique existe entre des savoirs propres, c’est-à-dire à soi, et des savoirs majoritaires, souvent impropres, non pertinents, parce qu’imposés, trop généralisés (Deleuze et Guattari, 1980 et 1991). C’est également ce que montre le théoricien du contrôle culturel, l’anthropologue mexicain Guillermo Bonfil Batalla (1991), en proposant une catégorisation qui définit les éléments culturels selon que les décisions sont propres ou extérieures. Dans certains de ces cas, il y a résistance à l’absorption d’une culture par une autre.

On peut légitimement s’interroger sur ces conflits entre les savoirs : comment faire pour que la démocratisation n’empêche pas certains savoirs d’être reconnus à leur juste valeur? Nous constatons pourtant que certains éléments culturels de sociétés données peuvent devenir des postulats universalisables (pharmacopées autochtones d’Amazonie, cas des savoirs féminins sur la pêche en Afrique de l’Ouest, etc.), mais sont cependant discrédités et/ou poussés vers l’invisibilité.

Si l’on accepte, avec certains philosophes, que des populations de cultures endogènes et/ou autochtones sont à même de créer des concepts nouveaux, de sens différents, on ne peut nier leur capacité à produire des néologismes ou des sens re-signifiés. C’est donc une question de catégorisation sociale ou raciale, y compris en ce qui concerne l’inégalité entre les sexes. Car la « valence différentielle des sexes » (Héritier, 1996) est en passe de devenir, non sans mal, un objet de recherche légitime avec l’acceptation progressive de l’axiome selon lequel « la question de l’inégalité des sexes est éminemment politique. Ce modèle inégal est la matrice de tous les autres régimes d’inégalité » (Héritier), comme le montre son corollaire, la notion de « sexage » (Guillaumin, 1992).

Le fond de la question serait donc ici la position de subalternité imposée par les dominants dans la dynamique de coexistence des savoirs. Les dominé‑e‑s ont leur propre mode de certification et de validation des savoirs. Après James C. Scott (1990), il est reconnu que les subalternes développent une politique souterraine et résistent, de façon plus ou moins dissimulée, aux discours et aux pouvoirs dominants. Ils et elles imaginent un ordre social différent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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