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Angelo Di Caterino : Université de Limoges
Par cette communication nous essayerons de sonder les fondements théoriques et épistémologiques constituant les fondations de l’anthroposémiotique. Autrement dit, il s’agit d’une enquête au profil historique qui puisse mettre en évidence comment il est possible de faire se rencontrer les disciplines de la signification et les méthodes ethno-anthropologiques, en montrant les avantages éventuels de cette fusion pour les sciences humaines en général. Pour ce faire nous nous concentrerons sur le sens et sur la culture, c’est-à-dire sur les objets d’élection des domaines disciplinaires respectifs, puis nous débattrons du concept d’identité dans ses multiples tournures, en tant que probable domaine d’action partagé par les deux disciplines. Ce bref historique ne porte pas sur les « découvertes » des dernières années mais plutôt sur les résultats d’une recherche qui est en cours depuis plus d’une décennie et qui, en réalité, mène aux fondements des disciplines en question. Par conséquent, l’intervention s’inscrit à cheval sur deux axes proposés pour ce colloque : Modèles et applications et Rapports interdisciplinaires. En effet, d’un côté nous ferons référence aux cadres théoriques de l’anthropologie et de la sémiotique, de l’autre côté nous essayerons d’en constater l’adéquation par rapport à leurs objets d’analyse respectifs.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
Titre du colloque :