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Camille Faubert : École nationale de police du Québec
L’intervention policière ayant mené à la mort de Michael Brown à Ferguson, au Missouri, en 2014 a propulsé le débat sur le désengagement policier (depolicing) aux États-Unis. Au Québec, ce sujet a fait son apparition dans les grands médias en 2021. En conformité avec la volonté évoquée dans le rapport du Comité consultatif sur la réalité policière d’éclairer des enjeux policiers complexes à l’aide de données probantes et d’analyses structurées, cette étude vise à cerner le phénomène de désengagement policier au Québec dans le but de comprendre le contexte social duquel il découle. À l’aide d’entrevues avec 21 policiers de différentes régions du Québec ainsi que de différents grades et fonctions, nous avons constaté que le désengagement policier est bien présent au Québec. Il émergerait, entre autres, du contexte où les policiers ne ressentent pas l’appui de la population, vivent des craintes constantes de poursuites et des conséquences légales, professionnelles et personnelles qui peuvent en découler et redoutent la possibilité omniprésente d’être médiatisés et accusés de profilage racial. Tout cela est cristallisé par le manque de soutien organisationnel qu’ils perçoivent. Ces constats, mis en commun, permettent une conceptualisation du contexte social qui qualifie l’interaction entre la police et la société et éclairent les perceptions qu’en ont les policiers.
La réalité policière actuelle fait l’objet de discussions partout dans le monde. Par ailleurs, il souffle un vent de questionnement envers la profession. Que devrait faire la police? Comment? Quelle formation les policiers devraient-ils recevoir? Comme le métier de policier est exigeant tant physiquement que mentalement, quel type de soutien ces travailleurs devraient-ils recevoir? Quand?
Au Québec, le Comité consultatif sur la réalité policière a déposé, en 2021, un rapport très attendu dans lequel il faisait écho aux témoignages de très nombreux intervenants sur une foule de sujets. Il en est ressorti 138 recommandations, dont une est justifiée par la nécessité de « favorise[r] l’amélioration continue des interventions et des pratiques » (p. 32) par la consolidation de la recherche universitaire sur la police.
Ce colloque vise à mettre en valeur la recherche actuellement menée sur des sujets évoqués dans le rapport du comité consultatif. Il s’agit d’un « premier » pas vers l’établissement d’une communauté de chercheuses et chercheurs intéressés par le sujet, mais adoptant des points de vue multiples. D’abord, le travail policier fera l’objet de deux présentations : une lors de laquelle il sera question de la préservation de la santé mentale des policiers, et l’autre, du désengagement policier. Ensuite, la formation des policiers sera abordée par le biais des premiers résultats d’une étude longitudinale visant à suivre les trajectoires professionnelles de futurs policiers. Les outils de travail mis à la disposition des policiers seront aussi discutés, en particulier l’impact des caméras corporelles sur les perceptions citoyennes. Enfin, deux présentations porteront sur les systèmes québécois et canadiens de contrôle des déviances policières.
Les discussions actuelles sur la place de la police dans notre société nécessitent des bases empiriques solides que la recherche universitaire peut et veut fournir.
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