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Soutenir les enseignants qallunaat dans la transformation de leurs biais occidentalo-eurocentrés : réflexion et pistes de solution

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Alyssa Turpin-Samson : Université de Montréal

Résumé de la communication

Plusieurs enseignants non inuits travaillant au Nunavik sont nouvellement diplômés, ont peu d’expérience, sont non qualifiés et sont confrontés à de nombreux défis tels que la barrière linguistique et culturelle (Archambault, 2010). Malgré une offre de formation continue par la commission scolaire Kativik Ilisarniriliniq (KI), plusieurs recherches relèvent la présence de biais occidentalo-eurocentrés chez ces enseignants dans leurs interprétations des difficultés scolaires de leurs élèves et dans leurs pratiques pédagogiques (Aylward, 2009; Berger, 2009; McLean, 2017). Ces acteurs scolaires reproduisent parfois, malgré eux, des violences assimilatrices. Ainsi, il est impératif de soutenir les enseignants non inuit de manière à les sensibiliser, transformer leurs biais et ainsi faire d’eux des agents de soutien à l’inclusion scolaire. Or, KI est bien au fait de ce besoin et offre déjà des services à cet effet. Néanmoins, les dispensaires de ces services sont également d’origine non inuit et sont donc eux aussi profondément influencés par la culture et les pratiques occidentalo-eurocentrées. Donc, il est essentiel de penser un service andragogique qui soit ancré dans l’épistémologie inuit et qui s’attaque aux biais interprétatifs et professionnels des enseignants non inuit. C’est dans ce contexte que cette présentation propose une offre de formation continue adaptée à la réalité nordique et aux enjeux épistémologiques qui sous-tendent le système d’éducation des Nunavimmiut.

Résumé du colloque

Depuis quelques décennies, le Canada tend vers le développement de systèmes éducatifs ancrés dans un paradigme d’éducation inclusive, chacune des provinces étant à des étapes différentes de ce processus (LISIS, 2012). Ce dernier vise à répondre de façon équitable aux besoins des élèves en étant inclusif de leurs diversités (ex. : situation de handicap, diversité socioculturelle, linguistique, de genre, etc.) (Potvin, 2014), le personnel enseignant occupant un rôle central dans ce processus (Fortier et al., 2018).

Ainsi, dans son emploi, le personnel enseignant est amené à assumer des tâches qui varient selon les réalités et les parcours diversifiés de leurs élèves (Mukamurera et al., 2019). Néanmoins, ces tâches plurielles peuvent parfois alimenter un haut taux de stress vécu par plusieurs au quotidien (TALIS, 2018). La lourdeur du travail enseignant, pouvant être perçue d’un point de vue quantitatif (ex. : nombre de tâches assumées) et qualitatif (ex. : ressources nécessaires), a fréquemment été étudiée (voir Tardif, 2013). Si plusieurs régions dans le monde observent ces phénomènes (García-Arroyo et al., 2018), le Canada n’y fait pas exception. Par ailleurs, la pandémie de COVID-19 a contribué à ébranler la santé mentale du personnel enseignant déjà fragilisée (Sokal et al., 2020).

Afin de favoriser le bien-être du personnel enseignant ainsi que la mise en place d’une éducation inclusive, plusieurs écrits soulignent la nécessité de s’appuyer sur la responsabilité collective de la communauté éducative (CSE, 2017 et 2020). Le présent colloque vise à créer une vue prismatique sur divers environnements et stratégies susceptibles de soutenir le travail enseignant dans des sociétés qui tendent vers l’éducation inclusive : par le milieu scolaire, la communauté ou les familles, par les pratiques ou les dispositifs mis en place dans la classe, par la formation initiale et continue, et ce, dans différents contextes de la francophonie canadienne.

Le corpus de recherches qui superpose les enjeux du bien-être et du travail enseignants, ainsi que l’éducation inclusive en dépassant le champ de l’adaptation scolaire, en englobant toutes les diversités des élèves (Bauer et al., 2019) est ténu. Si ces deux thématiques sont étudiées dans divers contextes particuliers, elles ne sont que rarement abordées dans une perspective pancanadienne. Ainsi, nous souhaitons favoriser une réflexion commune entourant la question suivante : comment être inclusifs au vu des besoins de chacun des élèves sans se sentir dépassés par le travail que cela semble représenter? En ce sens, avec les pénuries actuelles du personnel scolaire qui sévissent dans la francophonie canadienne (Sirois et al., 2021), il paraît nécessaire de s’appuyer sur les ressources déjà présentes dans chacun des milieux scolaires afin de soutenir le travail enseignant dans la mise en place d’une éducation inclusive.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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