Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Leïla Loucif : Université Laval
Expression de la hiérarchisation de la société et de la reproduction des inégalités, les infractions sexuelles commises à l’égard des femmes reflètent les stigmates machistes qui imprègnent, encore aujourd’hui, les sociétés canadiennes et françaises. En dépit de la multiplication de mouvements récents en faveur de la libération de la parole des femmes, celle-ci reste encore bien souvent inaudible, particulièrement dans le système de justice pénale. Ce dernier peine à entendre les revendications des victimes, et encourage ainsi certaines à se tourner vers d’autres formes de justice. La communication propose d’analyser, à la lumière de l’émergence des nouvelles formes de justice réparatrice — ou restaurative — en France et au Canada, l’expression et la réception de la parole des femmes victimes d’infractions sexuelles dans la justice pénale, afin de déterminer si leurs voix sont effectivement entendues. Pour ce faire, seront analysées les prérogatives théoriques qui permettent aux femmes victimes de s’exprimer à chacune des phases de la procédure pénale. Cette perspective sera ensuite nuancée par la mise en lumière des éventuelles difficultés pratiques rencontrées par ces dernières, mettant ainsi en balance la complexité de leur vécu face à la persistance des vestiges du patriarcat dans le système pénal. Il s’agira ensuite de s’intéresser au développement et à la mise en œuvre des nouvelles formes de justice réparatrice auprès des femmes victimes d’infractions sexuelles.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
Titre du colloque :
Thème du colloque :