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Thierry Badard : Université Laval
La conférence proposée passera en revue le portfolio des projets menés au CRDIG en lien avec les données massives et l’intelligence artificielle dans des contextes applicatifs variés (ex. gestion du risque d’inondation; cartographie mobile à très haute résolution; …). Elle mettra en lumière la diversité des données d’observation de la terre exploitées au sein de ces projets. Il sera notamment question de nuages de points LiDAR acquis avec des systèmes de télémétrie mobile. Les approches présentées concerneront entre autres la segmentation sémantique avec des réseaux de neurones profonds entrainés selon des méthodes semi-supervisées ou d’adaptation de domaine. Il sera également question de nuages de points bathymétriques en lien avec l’analyse de la morphologie des fonds fluvio-marins. Des approches classiques d’OBIA tout comme des solutions émergentes d’apprentissage profond seront là aussi proposées. Aussi, la conférence abordera plusieurs projets faisant intervenir des données massives hétérogènes comme, par exemple, des données LiDAR topographique conjointement avec de l’imagerie optique satellitaire ou aéroportée.
L’observation de la Terre (OT) a depuis longtemps fait ses preuves en appui à la prise de décisions éclairées dans de multiples champs, dont l’agriculture, l’hydrologie, la foresterie et la sécurité civile. Par ailleurs, au cours de la dernière décennie, un essor technologique et conceptuel intense a amené une multiplication des capteurs, un raffinement majeur des résolutions autant spatiales que temporelles, certes signes précurseurs de développement, mais aussi d’enjeux sociétaux.
S’inscrivant dans la foulée du colloque Acfas 2021, L’observation de la Terre à l’ère de la 4e révolution industrielle, cette édition se concentre sur quatre tendances clés : 1) l’introduction de nouveaux capteurs et plateformes innovantes; 2) les défis posés par les données massives; 3) l’utilisation de l’intelligence artificielle; et 4) la démocratisation de l’accès et de l’analyse des données.
En premier lieu, les nouveaux capteurs (LiDAR, hyperspectral) et plateformes (drones, CubeSat) repoussent les frontières radiométriques et spatiales, permettent la concrétisation de séries temporelles fiables et encouragent l’entrée de nouveaux joueurs dans le milieu. La multiplication des données d’OT nécessite quant une gestion de mégadonnées pour lesquelles les requêtes et l’analyse exigent des compétences complexes et un savoir-faire unique. Par ailleurs, l’IA s’étant rapidement imposée comme incontournable en OT, ses capacités d’automatisation et d’analyse révolutionnent le domaine du traitement des images, mais, en contrepartie, provoquent des questionnements éthiques et sociétaux importants. Enfin, l’accès et l’analyse de données d’OT se sont démocratisés grâce à l’infonuagique : ce nouveau paradigme ouvre la porte à une nouvelle clientèle de praticiens et praticiennes multidisciplinaires.
Ces avancées scientifiques et techniques constituent des tremplins d’innovation et de collaboration d’une valeur inestimable pour notre communauté et sont, comme il est déjà possible de l’observer, une voie d’avenir prometteuse.
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