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Jerome Marty : Conseil des académies canadiennes
L’économie circulaire (ÉC) est de plus en plus envisagée comme une solution de rechange au modèle économique linéaire dominant. Elle préserve les ressources matérielles, réduit la consommation d’énergie et d’eau et produit moins de déchets et de pollution, atténuant ainsi les effets de l’extraction des ressources, tout en permettant de répondre encore aux besoins en matière d’une population mondiale en croissance. Environnement et Changement climatique Canada a demandé au Conseil des académies canadiennes (le CAC) d’examiner les impacts économiques, environnementaux et sociaux possibles de la transition vers une économie circulaire au Canada. Le rapport "Un tournant décisif" analyse ce qu’est l’ÉC, comment elle fonctionne et comment elle pourrait profiter au Canada. Il examine les possibilités et les défis auxquels le Canada sera confronté durant la planification de la transition vers ce modèle. Ce rapport comprend une estimation de la circularité actuelle de l’économie canadienne et quatre scénarios illustrant ce à quoi l’économie canadienne pourrait ressembler en 2040. Cette présentation vise à mettre en avant les points saillants du rapport, en soulignant le potentiel de l'ÉC dans les efforts de reprise économique et son rôle pour atteindre les objectifs de neutralité en carbone au Canada.
L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.
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