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Une étude ethnographique de la forêt avec des personnes en situation d'handicap mental. L'iconicité peircienne dans l'enquête anthropologique

MK

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Marta Kucza : Pas d'organisme d'attache

Résumé de la communication

Cette communication se propose d'explorer l'iconicité dans le paradigme relationnel définit par Charles Sanders Peirce. Quelles sont les implications de son emploi en tant que mode d'enquête en anthropologie? Comment réconcilier le fait que le départ d'une recherche en sémiotique ait lieu dans la théorie, et le cadre conceptuel de l’enquête anthropologique émerge, quant à lui, du terrain? Cette réflexion fait partie de mon projet de recherche-création au croisement de l'anthropologie et de la sémiotique. Depuis deux ans, j'anime des ateliers de création sonore et vidéo avec des personnes en situation de handicap mental à Maarja, un foyer de vie en Estonie. Situé dans une forêt de pins, le village Maarja est un lieu d'attachements matériels et affectifs entre les plantes, les animaux, et les humains qui ont des aptitudes sensorielles et cognitives très variées. Quel dispositif est-il alors à imaginer pour comprendre comment ces êtres vivants communiquent et représentent les uns les autres? La sémiotique peircienne dans la lecture d'Eduardo Kohn (2013) appelle à explorer des modalités sémiotiques non symboliques. Mon emploi de l'iconicité en tant que mode d'enquête consiste à diriger l'attention (Ingold 2018) vers des signes iconiques corporels qui mobilisent une sensibilité sensorielle ou un savoir tacite (Polanyi 1966). Mon processus de travail consiste à observer l'iconicité au village Maarja, mais aussi à déclencher les relations iconiques par un dispositif artistique.

Résumé du colloque

Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Simon Levesque
section icon Date : 9 mai 2022

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