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Une pratique philosophique de la désorientation chez Sara Ahmed

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Elizabeth Jutras : Université Laval

Résumé de la communication

Partant de la phénoménologie merleau-pontienne et se prolongeant dans les théories féministes, l'exposé aura pour but de poser l’expérience de désorientation comme détenant une potentialité positive dans la restructuration du sujet moral. La désorientation, sœur de l’étonnement, s’avère déjà thématisée en phénoménologie dès Husserl et Heidegger. Or, la pertinence réelle de cette expérience ne pourra prendre toute son ampleur qu’avec Merleau-Ponty qui, dans son œuvre Phénoménologie de la perception, permettra de penser l’orientation du corps dans l’espace non comme un simple fait physique, mais plutôt comme donné existentiel. Cette idée sera reprise en phénoménologie critique par Sara Ahmed afin de proposer une pratique philosophique de la désorientation qui s’intéresse à cette dernière en dehors de la tendance normative à la réorientation, c’est-à-dire qui pense la désorientation sans postuler un retour à une orientation première ou nouvelle. De cette pratique émergerait une responsabilité renouvelée du sujet dans le monde.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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