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Vaccination et paternalisme épistémique justifiable : Comment combattre la désinformation sur la vaccination?

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Andreanne Veillette : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Ceux qui refusent de se faire vacciner sont souvent dépeints comme des personnes désinformées et irrationnelles avec qui il est impossible d’entrer en dialogue. Ce faisant, les peurs et les objections de ces personnes sont souvent ignorées. Or, celles-ci ne sont généralement pas loufoques; ce sont des craintes tout à fait légitimes, même si elles s’avèrent habituellement infondées. Plusieurs campagnes ont été organisées pour convaincre les personnes hostiles à la vaccination de changer leur position. Ces campagnes emploient souvent des méthodes qu’on peut rattacher au paternalisme épistémique. Dans ma présentation, j’évaluerai la justifiabilité de deux méthodes employées par ces campagnes à l’aide d’un cadre conceptuel qui vise à juger de la justifiabilité du paternalisme épistémique dans des contextes qui opposent des groupes sociaux distincts. D’abord, j’évaluerai la méthode la plus communément adoptée pour faire face à ce défi, celle qui consiste à présenter des faits sous forme de vulgarisation scientifique. Ensuite, j’évaluerai une méthode alternative, la stratégie des entretiens motivationnels. À la lumière de données récoltées sur l’efficacité des deux méthodes ainsi que d’analyses portant sur le bris de confiance engendré par le sentiment d’être méprisé, j’argumenterai que nous devrions privilégier des méthodes inspirées des entretiens motivationnels en plus de la méthode de vulgarisation scientifique.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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