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Valorisation du sang porcin, coproduit des abattoirs, par la production de peptides antifongiques

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Aurore Cournoyer : Université Laval

Résumé de la communication

Après l’abattage d’un porc, le volume de sang collecté représente 3 litres. Au Québec, cela représente un volume annuel de 21 millions de litres et au pays, environ 68 millions de litres. Il s’agit d’un liquide organique très abondant, important à valoriser. Il se compose du plasma et du cruor. Ce dernier, contenant les globules rouges constitués d’hémoglobine (hgb), possède une concentration élevée en protéines. Suite à une hydrolyse enzymatique, des peptides bioactifs peuvent être obtenus. Peu d’études ont été effectuées sur les peptides issus de l’hgb porcine. Cependant, un peptide nommé la Néokyotorphine (NKT) a été souligné pour ses activités antimicrobiennes et antioxydantes puissantes. Des hydrolysats ont donc été produits avec la pepsine porcine, dans les conditions favorisant l’obtention de la NKT, puis ont été étudiés colorés et décolorés. Les activités antibactériennes et antifongiques ont été évaluées. L’étude a confirmé l’importance du temps d’hydrolyse et les conséquences de la décoloration sur la population peptidique obtenue. Des activités antifongiques ont été démontrées pour la première fois et de nouvelles séquences peptidiques ont été identifiées. Ultérieurement, les hydrolysats vont être fractionnés de manière à purifier certains peptides. L’objectif global est la production de nouveaux ingrédients actifs à partir du sang, applicables en conservation des viandes. Le sang porcin pourrait alors faire son entrer dans une économie circulaire.

Résumé du colloque

L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 9 mai 2022

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