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Verdir les investissements : faut-il aussi verdir les métriques de risque ?

CW

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Christian Walter : FMSH

Résumé de la communication

Cette intervention montrera que, si la finalité « verte » d’un investissement est bien une condition nécessaire à l’écologisation de l’économie (comme on l'imagine souvent), ce n’est pas une condition suffisante. En effet, les investissements répondent à des logiques techniques fondées sur l’usage de modèles mathématiques de risque qui se déploient en machineries algorithmiques pour que les modélisations du risque deviennent réalité concrète dans la pratique des investisseurs. Si ces modèles mathématiques ne sont pas « verdis » également, mais restent « bruns », alors il apparaîtra un phénomène de scission morale entre une sous-couche « brune » (les moteurs de calculs) et une surcouche « verte » (les orientations des investissements). On a qualifié de « green washing » ce phénomène, que l’on propose de traduire en français par « éthiquette » verte, le jeu de mot désignant à la fois l’effet d’affichage vert qui ne repose pas sur du vert (une étiquette), et la réduction de l’éthique à sa seule dimension de l’action (verdir les investissements) en oubliant sa dimension intellectuelle (verdir les modèles de risque), soit une petite éthique (une éthiquette). On indiquera des pistes de verdissement des modèles de risque, pour faire apparaître comment une sortie complète d’une économie fossilisée (dans les deux sens du mot) serait possible et pourquoi il est indispensable aujourd’hui d’imaginer des modélisations écologiques du risque financier.

Résumé du colloque

Les investisseurs institutionnels ont pour mandat d’obtenir le meilleur rendement possible pour les actifs qu’ils gèrent au profit des ayants droit avec qui ils sont liés contractuellement. Or, certains investisseurs institutionnels, au Canada et ailleurs dans le monde, ont publiquement annoncé leur décision de sortir de certains secteurs économiques polluants. C’est le cas notamment de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui a fait part, le 28 septembre 2021, de sa volonté de se désengager de la production pétrolière d’ici la fin de l’année 2022. Comment ces décisions risquées sont-elles prises et justifiées à ceux et celles envers lesquels les investisseurs institutionnels ont une obligation fiduciaire? Dans ce colloque, nous proposons d’orchestrer des réflexions universitaires et pratiques sur les justifications du « désinvestissement écologique » en faisant dialoguer des chercheurs, des militants pour la décarbonisation de l’économie, des gestionnaires d’actifs et des administrateurs de fonds de pension qui gèrent des milliards de dollars et qui ont le pouvoir financier de contribuer à lutter concrètement contre le réchauffement climatique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Romario Yehouessi
section icon Date : 9 mai 2022

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