Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Olivier Grenier : UQAM - Université du Québec à Montréal
De nombreux désaccords ont lieu entre experts en sciences de l'éducation à propos des stratégies pédagogiques à privilégier dans les écoles. En surface, ces désaccords semblent être à propos de questions factuelles, mais ils sont en fait à propos des méthodes à utiliser pour produire des connaissances dans ce domaine, c'est-à-dire de désaccords à propos des principes normatifs qui guident l'acquisition de connaissances. En effet, les experts en éducation adoptent des perspectives scientifiques différentes. Une perspective scientifique est caractérisée par des recommandations concernant des ressources expérimentales, théoriques et technologiques à utiliser et des principes méthodologiques et épistémiques à adopter afin d'étayer et de justifier des revendications de connaissance. La littérature en méthodologie des sciences de l'éducation fait déjà état de différentes perspectives scientifiques adoptées dans le domaine, par exemple les méthodes quantitatives, les méthodes qualitatives, les méthodes mixtes et l'éducation basée sur les données probantes. Toutefois, les éléments qui caractérisent les perspectives scientifiques adoptées en éducation sont présentées de manière quelque peu caricaturale ou ils demeurent tacites. Une enquête empirique s'avère ainsi nécessaire pour expliciter ces éléments et clarifier le statut des désaccords épistémiques dans le domaine des sciences de l'éducation.
Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.
Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.
Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».
Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?
Titre du colloque :
Thème du colloque :