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Y a-t-il des processus d’apprentissage historiques ? Légitimité politique et récit du progrès chez Jürgen Habermas

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Philippe-Antoine Hoyeck : Carleton University

Résumé de la communication

Une question centrale de la tradition libérale-républicaine est celle de la légitimité des normes dans les sociétés pluralistes. Une position minoritaire, notamment défendue par Habermas, soutient que les normes juridiques doivent leur légitimité à des raisons mutuellement convaincantes. Elles dépendent donc d’un consensus rationnellement motivé, un consensus virtuel de tous les citoyens pour les mêmes raisons. En revanche, la position majoritaire associée à Rawls et à Taylor rejette l’idée de consensus rationnel comme inutile, voire impossible dans les conditions du pluralisme. Elle fait donc reposer la légitimité des normes sur un consensus par recoupement, ou un consensus pour des raisons différentes. Ainsi, les chrétiens acceptent les normes juridiques pour des raisons chrétiennes, les musulmans pour des raisons musulmanes, les humanistes athées pour des raisons humanistes, et ainsi de suite. Nous chercherons à attirer l’attention sur une dimension souvent négligée de la pensée de Habermas, à savoir le lien étroit entre son critère de consensus rationnellement motivé et sa théorie de l’évolution sociale. Dans un premier temps, nous soutiendrons que la possibilité d’un consensus rationnel repose souvent sur celle de reconstruire un processusd’apprentissage historique sous la forme d’un récit du progrès. Dans un deuxième temps, nous montrerons que la position de Rawls et de Taylor dépend elle-même de récits historiques.

Résumé du colloque

Afin de faire écho au thème du 89e Congrès de l’Acfas, intitulé Sciences, innovations, sociétés, la Société de philosophie du Québec invite ses membres à réfléchir à la complexité et à la richesse des rapports (passés, présents et futurs) entre science, philosophie et société.

Érigées en champs de recherche autonomes, la philosophie et la science se sont développées de concert, nouant à chaque époque des rapports singuliers mais aussi changeants. Dans l’Antiquité, la philosophie s’institue en rupture avec l’opinion et coïncide avec la science en tant que quête de la vérité. À l’époque moderne, l’expression philosophie naturelle évoque encore l’idée selon laquelle la science et la philosophie relèvent d’une même entreprise intellectuelle.

Du tronc commun auquel elles appartenaient jusqu’alors, la physique, la chimie, la biologie et la psychologie s’autonomisent entre le 17e et le 19e siècle. Au 20e siècle, la phénoménologie et la philosophie analytique vont s’engager dans des voies qui opposeront frontalement science et philosophie. Néanmoins, dans le sillage du retour du naturalisme, les rapports entre la philosophie et les sciences empiriques seront une fois de plus appelés à se réinventer. Parfois envisagées comme étant « sur le même bateau », la science et la philosophie ont connu un nouveau rapprochement qui déboucha plus récemment sur l’idée d’une « philosophie expérimentale ».

Alors que la science est appelée à servir de fondement à la décision politique, réfléchir aux configurations qu’ont connues la science et la philosophie dans l’histoire de la pensée philosophique conduit à interroger de nouveau le rôle de la philosophie dans la science et dans la société plus largement. Comment et par quelles voies la philosophie peut-elle contribuer à la science? Inversement, qu’est-ce que la science peut amener à la philosophie, et comment décrire cet apport? Et comment ce dialogue pourrait-il enrichir la contribution de la philosophie aux grands débats de société?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
news icon Thème du colloque :
Science, philosophie, société
section icon Date : 9 mai 2022

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Titre du colloque :

Science, philosophie, société

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Thème du colloque :

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