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Kouamé Arnaud Diby : Université Alassane Ouattara
En Côte d’Ivoire, chaque communauté a un territoire qu’elle met librement en valeur, sauf le sous-sol dont l’exploitation appartient à l’État. Dans le cas des communautés agni sanwi, l’État a pris une superficie de 200 km2 pour créer une plantation de palmier à huile. La manière dont l’État a eu accès à ce territoire témoigne d’une dépossession des terres sanwi suites à plusieurs années de crises (1959, 1961 et 1966), traitées d’actions sécessionnistes. À l’avènement de la décentralisation administrative, le Conseil Régional bénéficie des intérêts économiques du territoire au détriment des propriétaires de terres. À cela, s’est ajouté des opérateurs agricoles, les métayers allogènes venus du Burkina Faso et Mali, ainsi que les métayers allochtones issus du centre et du Nord de la Côte d’Ivoire. Ces métayers allogènes et allochtones exploitaient excessivement le territoire sanwi. De cette situation émerge des problèmes publics, ignorés par les différents gouvernants politiques. Ces problèmes peuvent être source d’un véritable conflit foncier. La présente communication traite des capacités constitutionnelles akan matrilinéaires qui peuvent être mises en pratique afin d’aider à l'équilibre économique, écologique et à la cohésion sociale. La lecture, l'enquête de terrain auprès de 675 personnes et les observations faites dans le département d’Aboisso Côte d’Ivoire ont été mobilisés comme techniques de recherche de type ethnographique pour recueillir des données scientifiques
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :