Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Carl Lalonde-Haman : Université Laval
La composition de la communauté microbienne recrutée par la rhizosphère (CMRR) varie qualitativement selon la source et les conditions d’irrigation, l’espèce végétale cultivée et même le stade de maturation de la rhizosphère. Qui plus est, les fonctions écosystémiques jouées par la composition de la CMRR peuvent aussi changer selon les conditions environnementales de ce microcosme. Même si ces informations suggèrent que le type de pratiques agricoles (conventionnel, biologique, en transition ou en semis direct) doit aussi affecter la composition de la CMRR et les fonctions jouées par celle-ci, il y a une lacune à ce propos dans la littérature. L’objectif de ce projet est d’évaluer l’effet des pratiques agricoles sur le recrutement de la communauté fonctionnelle microbienne de la rhizosphère de grandes cultures du Québec, tel que Glycine max Les résultats permettront de comparer les pratiques agricoles sur la base de la composition de la CMRR et de sa diversité fonctionnelle. Un aperçu du réseau écologique hypothétique porté par la CMRR de chaque pratique agricole servira de support visuel pour faire le pont entre les différents éléments de la présentation. La portée de cette expérience tient en ce que les fonctions écosystémiques jouées par la CMRR, une fois révélées, pourront servir à guider le choix des politiques agricoles dans une optique de développement durable et de transition écologique.
La résilience est la capacité que possède un écosystème, agricole ou forestier par exemple, à revenir à un état d’équilibre et à reprendre ses fonctions après une perturbation (p. ex., sécheresse, infestation par un ravageur). Avec les changements climatiques, une augmentation du nombre et de l’ampleur des perturbations est à prévoir, d’où l’importance d’avoir des systèmes résilients. Les systèmes racinaires sont multifonctionnels : en plus de permettre aux végétaux de s’ancrer au sol, de se nourrir et de stocker des ressources, ils contribuent à structurer le sol, à l’enrichir en matière organique, à établir la communication entre le microbiome du sol et la plante au moyen des exsudats racinaires et à réguler le cycle de l’eau et des éléments nutritifs. L’ampleur du rôle des racines dans le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes est encore méconnue. L’identité et les valeurs des traits racinaires à favoriser ne font pas consensus, ni la façon de les améliorer, soit par l’entremise de la génétique ou de la gestion des cultures et des sols. Finalement, le domaine de l’agronomie pourrait bénéficier des recherches réalisées à cet égard dans des domaines connexes comme l’écologie et l’agroforesterie. Un meilleur dialogue entre chercheur-e-s de ces divers domaines et disciplines pourrait améliorer notre compréhension de l’effet des traits racinaires sur le fonctionnement et la résilience des agroécosystèmes, et des leviers dont on dispose pour rehausser cette résilience, dans l’optique de faire diminuer la vulnérabilité des agroécosystèmes face aux impacts des changements climatiques.
Titre du colloque :