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Compensation écologique et acceptabilité sociale de l’industrie minière à Madagascar

LH

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Lynda Hubert Ta : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les impacts de leurs activités, particulièrement dans des pays riches en biodiversité comme Madagascar, représentent un défi de taille pour les entreprises minières en termes d’acceptabilité sociale et environnementale. Aussi adoptent-elles des mesures innovantes, conformément à la règlementation nationale et aux normes de responsabilité sociale des entreprises (RSE), pour éviter et minimiser ces impacts et, à défaut, les compenser. La communication vise à partager une partie des résultats de notre recherche doctorale, laquelle a notamment analysé la mise en œuvre par des entreprises minières implantées à Madagascar de mesures de compensation écologique pour pallier la perte résiduelle de biodiversité occasionnée par leurs activités et atteindre l’objectif d’aucune perte nette sur la biodiversité. De telles mesures sont encore peu encadrées par les droits international et malgache de protection de la biodiversité. Leur mise en œuvre répond davantage à des normes de RSE pouvant émaner de l’industrie elle-même. La communication restituera les grandes lignes de l’analyse de ces initiatives déployées à Madagascar et soulignera les enjeux juridiques, socioéconomiques et environnementaux liés à leur mise en œuvre, les limites de l’approche de compensation seule pour assurer l’acceptabilité sociale des projets et réduire leur empreinte sur la biodiversité, ainsi que l’importance d’une complémentarité avec la réglementation de l’État.

Résumé du colloque

Les États et les gouvernements membres de la francophonie, où le Québec occupe une place majeure, regorgent de ressources minérales riches dont certaines sont catégorisées comme critiques et stratégiques. Ces ressources suscitent actuellement une forte demande mondiale pour la transition énergétique et technologique en vue de reconstruire une économie post-COVID plus verte et sobre en carbone. L’industrie minière est un moteur important de l’économie québécoise. Elle représente 48 000 emplois directs, indirects et induits; et contribue annuellement à plus de 9 milliards de dollars au PIB du Québec. Cependant, si les activités minières ne sont pas conduites de manière responsable, elles peuvent entraîner la pollution de l’air, du sol et de l’eau, la contamination par les métaux, l’érosion et la sédimentation, autant d’impacts qui sont amplifiés par les défis du changement climatique. D’où l’importance de rétablir les services écosystémiques des sites miniers, une fois exploités, par la restauration écologique. Au Québec, depuis quelques années, l’acceptabilité sociale (AS) des projets miniers par les populations est un préalable pour l’octroi d’agréments aux compagnies. Elle a davantage gagné en importance ces dernières années avec la publication en février 2016 du livre vert intitulé Orientations du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles en matière d’acceptabilité sociale, tout comme pour le développement durable du secteur minier dans une perspective internationale francophone. Le colloque est en lien direct avec le développement minier responsable qui tient compte des piliers du développement durable (social, économique, environnemental et bonne gouvernance). Il est aussi en lien étroit avec la décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030), dont l’objectif commun est de prévenir, d’enrayer et d’inverser la dégradation des écosystèmes dans le monde entier en visant à restaurer la planète et à assurer la santé des hommes et de la nature selon le concept « Une seule santé ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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