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Construire une école inclusive : sources de l’action publique et mise en œuvre institutionnelle dans deux contextes nationaux. Les cas de Genève et du Québec

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Mélanie Savioz : Université de Genève

Résumé de la communication

L’école inclusive est un enjeu fort pour l’école de demain. Cette nouvelle politique vise non seulement plus d’équité mais aussi plus d’efficacité. Elle soulève donc des interrogations théoriques sur la manière d’envisager l’institution scolaire, ses principes et le rôle des acteurs présents. De ce fait, cette proposition de communication vise à étudier les dynamiques de construction de l’école inclusive dans deux contextes nationaux : Genève (Suisse) et Québec (Canada).

À partir d’un questionnement ancré dans l’analyse de l’action publique sur la place des acteurs qui y participent et de leur conception de l’inclusion, nous articulons deux questions. La première concerne l’émergence du référentiel de l’école inclusive au Québec et à Genève ; la seconde, la façon dont les acteurs s’emparent de ce référentiel, l’articulent à leurs réalités et aux finalités performatives de l’école. Ainsi, en répondant à ces questions, nous montrons les négociations qui ont lieu dans la construction d’un consensus politique.
L’hypothèse de recherche est que ce référentiel se transforme sous le poids des consensus politiques et qu’il diffère alors entre les deux contextes. De plus, on peut supposer l’existence de tensions entre les finalités démocratiques et performatives présentes dans l’école inclusive.

La méthodologie, comparative et qualitative, consiste en une analyse documentaire des sources légales et des débats parlementaires sur l’école inclusive dans les deux contextes.

Résumé du colloque

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, l’école québécoise a connu d’importants changements institutionnels, curriculaires et pédagogiques. Schématiquement, les années 1960 sont le fait de la démocratisation de l’éducation et, à partir des années 1990, de nouvelles politiques éducatives, liées au New Public Management, se diffusent dans l’ensemble des pays de l’OCDE (Mons, 2006). Nous faisons l’hypothèse qu’elles se sont incorporées dans le système éducatif québécois (Lessard et Carpentier, 2015).

Certes, le ministère de l’Éducation fait de la lutte contre les inégalités une priorité, mais plusieurs de ses discours contiennent des références à l’efficacité et à une nouvelle régulation du système éducatif dont les principaux dispositifs sont la décentralisation, qui favorise la concurrence entre les établissements, leur évaluation et la « gestion axée sur les résultats », qui s’inscrivent dans une culture de la performance et de la responsabilité à laquelle doit adhérer, en principe, l’ensemble des agents scolaires comme les enseignants, les directeurs d’établissement, les professionnels non enseignants (psychologues, conseillers d’orientation, ergothérapeutes, etc.), mais également des techniciens (ex. : les éducateurs spécialisés) et des paratechniciens (ex. : surveillants d’élèves)?

L’objectif principal du colloque consiste à examiner, dans une perspective québécoise aussi bien qu’internationale, la manière dont les agents scolaires composent avec un système éducatif qui exige, tout à la fois, une réduction des inégalités, d’une part, et, d’autre part, l’efficacité de l’enseignement, du fonctionnement des établissements et du système éducatif dans son ensemble. Comment de possibles tensions entre des finalités démocratiques et des finalités « performatives » se traduisent-elles dans le travail concret des agents scolaires et dans la définition de leur identité professionnelle (ou au travail)? Enfin, ces tensions sont-elles, pour eux, source de souffrance?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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