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Maxime Schirrer : Conservatoire national des arts et métiers
A l'aune des crises environnementale, sanitaire et industrielle, la recherche de solutions alternatives au modèle de production du 20e siècle est un impératif de premier plan : le modèle consistant à extraire, à produire, à consommer et à jeter est dépassé. Par ailleurs, les impasses d'urbanisation liées à la métropolisation ou à la périurbanisation obligent à trouver de nouveaux modèles économiques opposés à cette économie linéaire.
Dans cet esprit, la réponse apportée par l'économie circulaire consiste à prendre en compte l'analyse de cycles de vie des productions, depuis l'écoconception jusqu'au recyclage. Ceci implique de repenser filières industrielles et d'en créer de nouvelles. Le couplage de « ville productive », qui consiste à repenser la place du travail en ville, à l'empreinte environnementale du numérique offre cette perspective d'un projet territorial de transition.
Ainsi, la prise en compte des Déchets d'Équipements Électriques et Électroniques (DE3/e-déchets) concoure à l'essor d'une nouvelle forme d'industrialisation liée au réemploi ou à la réparation. Au cœur des D3E, les mines urbaines constituent un enjeu stratégique à la fois industrielle et écologique. Les mines urbaines contenues dans nos e-déchets (anciens ordinateurs, smartphones, imprimantes…) et stockées dans nos logements, ne demandent qu'à être réinvesties dans une chaine de valeur de production. Pour cela, une infrastructure est nécessaire et les villes sont en première ligne afin de les créer.
Cette proposition de colloque est portée par le Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), qui rassemble les chercheurs des universités québécoises intéressés par le développement territorial et plus particulièrement par les dynamiques de développement-régression qui touchent les régions non métropolitaines. Ces territoires sont soumis à des tensions qui se renouvellent continuellement. Longtemps analysées en termes économiques autour de la relation de dépendance qui lie ces territoires aux aires métropolitaines et aux capitaux extérieurs, les dynamiques de ces territoires sont aujourd’hui regardées en s’intéressant à la diversité des conditions sociales et environnementales qui les caractérisent.
La période récente apporte son lot de questions qui, si elles ne sont pas toujours nouvelles, interrogent les modalités d’une transition de nos économies et de nos sociétés vers des modèles de développement qui sachent corriger les problèmes écologiques et sociaux engendrés par des systèmes de production qualifiés parfois de « productivistes » ou « extractivistes » et bâtir de nouvelles perspectives. La récente crise sanitaire a apporté son lot de questions autour de l’organisation du travail, de l’occupation du territoire, des approvisionnements de proximité, de la numérisation. Les territoires non métropolitains ont été confrontés à des questions criantes relatives au logement, aux transports, à l’accès aux réseaux haut débit, à des mobilités inédites (temporaires ou non), voire à l’approvisionnement en denrées de base. Le secteur des services s’en est trouvé bouleversé, avec une division du travail entre celles et ceux pouvant effectuer leur travail à distance et d’autres contraints d’effectuer leurs tâches en « présentiel », sans parler des nombreux métiers qui n’ont eu d’autre choix que de se réinventer.
C’est à une réflexion autour de ces transformations qu’invite le CRDT pour ce colloque dans le cadre du congrès 2022 de l’Acfas.
Titre du colloque :