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De la sémiologie des médias informatisés à l’anthropologie du numérique : enquêter sur la réalité virtuelle en France et en Corée du Sud

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Pauline Brouard : Sorbonne Université

Résumé de la communication

Cette communication rend compte d’un cheminement qui s’est fait de la sémiologie des médias informatisés, vers l’anthropologie numérique, lors de l’écriture d’une recherche sur les usages de la réalité virtuelle en France et en Corée du Sud. Ainsi, nous présentons l’outillage théorique initialement choisi, issu de la sémiologie des médias informatisés et de travaux en sciences de l’information et de la communication qui s’intéressent aux usages numériques. Plusieurs questionnements épistémologiques et interdisciplinaires ont émergé de l’expérience de terrain. Celle-ci est liée à la maîtrise progressive de la langue coréenne, à la description sur le long terme de sociabilités numériques, à l’évolution des acteurs économiques nationaux et internationaux du marché de la réalité virtuelle, etc. Nous montrons donc comment l’enquête ethnographique, menée sur un terrain comparé en France et en Corée du Sud, a conduit à une densification épistémologique au prisme d’un dialogue entre des cadres notionnels empruntés aux sciences de l’information et de la communication, mais également aux disciplines de l’enquête dont l’anthropologie, ainsi qu’aux études coréennes. En portant une attention soutenue aux pratiques numériques ordinaires, s’est imposée la nécessité d’interroger ce qui peut relever du « culturel ». Un éclairage intéressant nous est apporté par l’anthropologie numérique qui témoigne d’un même geste intellectuel d’analyse indicielle commun aux études sémiotiques.

Résumé du colloque

Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Simon Levesque
section icon Date : 10 mai 2022

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