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D’édulcoration à co-optation – réflexion sur des pratiques de distorsion de l’intersectionnalité dans la recherche féministe et en science politique

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Geneviève De Breyne-Gagnon : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Au cours des dernières années, la couverture médiatique au Québec a fait planer l’emprise « effroyable » qu’ont les études critiques, féministes, queer et décoloniales dans les institutions académiques. Pourtant, loin de ce règne de terreur imaginé dans les médias, la littérature révèle que ces savoirs peinent à se faire entendre pleinement ou bien encore qu’ils sont fréquemment instrumentalisés et sont les premiers à passer sous le scalpel de l’austérité (May 2015, Grondin et al., 2012). Je m’interroge sur les pratiques interprétatives et discursives qui sous-tendent la distorsion et l’instrumentalisation de savoirs situés. Plus précisément, en prenant le cas de l'intersectionnalité, j’explore la question suivante : Comment les pratiques liées à la néolibéralisation de la recherche, à la blanchité et aux privilèges participent-elles à la distorsion de l’intersectionnalité? Avec pour point de départ central le texte de Sirma Bilge (2015) “Le blanchiment de l’intersectionnalité”, cette présentation vise à poursuivre la réflexion en explorant les dynamiques qui créent une distorsion de l’intersectionnalité, tout en affirmant la mobiliser. Les propos seront appuyés par une revue de littérature sur les critiques de certains usages de l’intersectionnalité en études féministes (Canada, États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni) à partir de 2005, ainsi que l’analyse de textes issus de la discipline de science politique.

Résumé du colloque

Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.

Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
manager icon Responsables :
Chantal Maillé
section icon Date : 10 mai 2022

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