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Catherine Bélanger Sabourin : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les cursus aux cycles supérieurs prévoient la transmission de repères théoriques et méthodologiques. Cependant, l’enseignement formel demeure insuffisant pour appréhender la complexité de la recherche qualitative, itérative et indéterminée (Morrissette & Demazière, 2019). Des théories de la socialisation professionnelle (Dubar, 2015) permettent de considérer la portée de situations plus informelles dans l’apprentissage du qualitatif. Des activités quotidiennes socialisent les personnes aspirantes chercheuses aux conventions partagées en recherche qualitative (Becker, 2002). Elles permettent d’acquérir des habiletés complémentaires : analyser de manière artisanale, expliciter sa démarche, décrire narrativement, etc. (Paillé, 2011). L’objectif de cette contribution est d’illustrer comment des situations en marge des cursus traditionnels servent de leviers pour la formation au qualitatif. Nous poserons un regard attentif aux interactions socialisantes qui permettent de décoder les caractéristiques du genre (Clot, 2006), telles des clés de compréhension des manières de voir et de faire de cette communauté. Nous verrons plus spécifiquement comment ces activités soutiennent le développement d’une posture de chercheuse qualitative sur les plans de l’écriture, de la relation au terrain et de l’analyse du matériau. Ce faisant, elles nous conduisent déjà, en tant que jeune professeure ou auxiliaire d’enseignement, à favoriser la socialisation professionnelle d’autres étudiants.
La méthodologie étant au cœur des processus de production des connaissances scientifiques, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) poursuit une réflexion sur les particularités de la formation aux démarches qualitatives. Pour faire suite au colloque qu’elle a tenu en 2019, intitulé « Former par et à l’écriture du qualitatif », l’ARQ propose ce nouvel événement scientifique qui vise à explorer et à expliciter les tensions au cœur de la formation aux méthodologies qualitatives, et ce, tant du point de vue des processus d’enseignement et de transmission — vus du côté des enseignant.e.s — que des processus d’expérimentation et d’appropriation — vus du côté des étudiant.e.s. En raison de leurs aspects non codifiés, ajustés au contexte et créatifs, les démarches qualitatives ne peuvent être enseignées comme une marche à suivre prédéterminée. De plus, leur caractère itératif et indéterminé entre parfois en contradiction avec les milieux formels universitaires. Dès lors, cela incite à examiner les modalités et les conditions de leur mise en œuvre, à questionner comment les enseignant.e.s et étudiant.e.s négocient ces tensions afin d’enseigner et de s’approprier ces méthodologies. L’ARQ souhaite explorer ce sujet sous trois axes explicitant les tensions : 1) entre prescriptions et pratiques, afin d’interroger l’adaptation et la traduction des aspects théoriques et génériques des ouvrages méthodologiques aux terrains variés où la découverte et l’imprévisibilité sont de mise; 2) entre partage et négociation, afin d’explorer le rôle de l’expérimentation pratique, distante d’applications de formules et directives, dans l’échange, l’appropriation, la négociation et la réflexion critique des pratiques méthodologiques; et 3) entre conventions et innovations, afin d’interroger l’interaction entre les nombreuses contraintes issues des conventions, institutionnalisées ou implicites, et la capacité de s’approprier les aspects non codifiés des méthodes qualitatives afin d’innover.
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