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Enseigner la recherche qualitative au doctorat en psychologie : entre postpositivisme et génération de sens

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Roxane Meilleur : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

La formation doctorale en psychologie comporte son lot de conventions institutionnalisées et implicites. Elle doit d’abord répondre aux exigences de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ), qui délimite le terrain de jeu des personnes enseignantes. La compétence « Recherche » fait d’ailleurs partie des compétences que les psychologues doivent développer au cours de leur parcours professionnalisant (OPQ, 2019), et ce, peu importe leurs aspirations en recherche. Plus largement, la psychologie est marquée par une forte orientation quantitative et postpositiviste (Roberts & Povee, 2014). Dans ce contexte, comment favoriser l’engagement des personnes étudiantes dans une démarche d’apprentissage de la recherche qualitative? Comment tenir compte des impératifs professionnalisants de la formation en psychologie, tout en favorisant l’ouverture à d’autres possibles? Quels sont les leviers à la génération de sens dans ce parcours marqué par l’ambiguité et l’absence de « réponse universelle »? Pour tenter des réponses à ces questions, je m’appuierai sur ma double expérience comme doctorante en psychologie et enseignante d’un cours doctoral de recherche qualitative entre 2016 et 2020. À la manière d’un récit de pratique (Desgagné, 2005), je présenterai les apprentissages réalisés dans le cadre d’une démarche réflexive s’appuyant sur des notes de journal de bord, des groupes de discussions avec les personnes étudiantes et des questionnaires d’évaluation des enseignements.

Résumé du colloque

La méthodologie étant au cœur des processus de production des connaissances scientifiques, l’Association pour la recherche qualitative (ARQ) poursuit une réflexion sur les particularités de la formation aux démarches qualitatives. Pour faire suite au colloque qu’elle a tenu en 2019, intitulé « Former par et à l’écriture du qualitatif », l’ARQ propose ce nouvel événement scientifique qui vise à explorer et à expliciter les tensions au cœur de la formation aux méthodologies qualitatives, et ce, tant du point de vue des processus d’enseignement et de transmission — vus du côté des enseignant.e.s — que des processus d’expérimentation et d’appropriation — vus du côté des étudiant.e.s. En raison de leurs aspects non codifiés, ajustés au contexte et créatifs, les démarches qualitatives ne peuvent être enseignées comme une marche à suivre prédéterminée. De plus, leur caractère itératif et indéterminé entre parfois en contradiction avec les milieux formels universitaires. Dès lors, cela incite à examiner les modalités et les conditions de leur mise en œuvre, à questionner comment les enseignant.e.s et étudiant.e.s négocient ces tensions afin d’enseigner et de s’approprier ces méthodologies. L’ARQ souhaite explorer ce sujet sous trois axes explicitant les tensions : 1) entre prescriptions et pratiques, afin d’interroger l’adaptation et la traduction des aspects théoriques et génériques des ouvrages méthodologiques aux terrains variés où la découverte et l’imprévisibilité sont de mise; 2) entre partage et négociation, afin d’explorer le rôle de l’expérimentation pratique, distante d’applications de formules et directives, dans l’échange, l’appropriation, la négociation et la réflexion critique des pratiques méthodologiques; et 3) entre conventions et innovations, afin d’interroger l’interaction entre les nombreuses contraintes issues des conventions, institutionnalisées ou implicites, et la capacité de s’approprier les aspects non codifiés des méthodes qualitatives afin d’innover.

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
section icon Date : 10 mai 2022

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