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Jean Emmanuel Etegle Meka : UQAR - Université du Québec à Rimouski
Le Cameroun doit sa particularité anthropologique à la grande mosaïque des peuples qui le constituent. Fort de la grande diversité ethnique et linguistique qui le singularise, le pays est souvent présenté comme l’Afrique en miniature. La brutalité même de la colonisation n’est pas parvenue à y bâtir un État avec une conscience nationale à l’abri de remous irrédentistes. Démocratie sur le papier depuis les années 1990, le jeu politique s’est pourtant refermé à un pluralisme pertinent et la grogne sociale, teintée de dépit, a trouvé des lignes de fuite dans la conscience identitaire de certains grands groupes ethniques constitutifs de la nation camerounaise. Le malaise qui sourdait depuis longtemps déjà a trouvé, sur les médias sociaux, notamment Facebook, un moyen d’expression privilégié. En analysant les produits sémiotiques que mobilisent les militants communicants, notamment ceux de trois partis politiques (RDPC, MRC, PCRN) nous nous fixons pour objectif d’interroger le tribut que paient l’intentionnement d’une part, le marquage d’autre part (Hébert, 2020) et la symbolique du discours au conditionnement des identités pré-étatiques sur Facebook au Cameroun. En recourant aux ressources éco-anthropologiques et sémiopoiétiques, nous analyserons le fait ethnique dans un choix de textes et d’images politiques. Au terme des analyses menées, nous établirons un lien entre l’appartenance ethnique et l’investissement au sein des partis dans le landernau politique camerounais.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
Titre du colloque :