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Pauline Noiseau : Université de Montréal
Cette communication questionne l’hypothèse selon laquelle le mouvement féministe aurait comme finalité la mise en place d’une structure politique anarchiste. Si les féministes se sont largement emparées de la question de l’État (Lamoureux, 1990; Masson, 1999; Fraser, 1998), celle-ci s’est cantonnée à penser et à formuler des manières d’être gouvernementales féministes, plutôt que de remettre en cause son origine et son fondement. Les revendications politiques des mouvements féministes sont majoritairement pensées à l’intérieur de l’État : le combat pour l’égalité des droits, une meilleure représentation des minorités dans les instances décisionnelles, etc.. En revanche, certaines féministes, notamment anarchistes ont critiqué ces doléances en tant qu’elles assuraient une légitimité à une autorité disciplinaire empêchant de fait toute libération des femmes (Goldman; De Cleyre; Rafanelli; Breton, Jeppesen, Kruzynski, Sarrasin, 2015; ou encore aux travaux de Dupuis-Déri). Pourtant, le concept d’État a été pensé comme mouvement autoritaire à travers les structures disciplinaires et les normes qui les sous-tendent (Foucault, 1976). Dès lors, en quoi l’idéal féministe de libération et d’émancipation est difficilement compatible avec une structure politique qui norme, surveille, contrôle et punit les individus? Faut-il mettre fin à l’idée d’État? Seront mis en lumière les arrimages possibles entre les objectifs philosophiques du féminisme et les buts du mouvement anarchiste.
Les études féministes et de genre contribuent depuis leur émergence à enrichir le milieu québécois de la recherche. Elles se caractérisent aujourd’hui par un foisonnement impliquant de nouvelles avenues de recherche. Les chercheur·euse·s de différentes disciplines mobilisent des outils théoriques et des méthodes de recherche féministes divers. Si le champ des études féministes et de genre se présente comme étant dynamique et prolifique, il est toutefois dispersé parmi plusieurs disciplines et institutions. Il devient alors impératif de constituer de manière récurrente des espaces qui permettent de prendre acte du panorama des travaux théoriques et empiriques en études féministes et de genre et de témoigner de la richesse de la production scientifique au sein de la communauté de recherche professorale et étudiante, et de l’apport des milieux de pratique et militants.
Le colloque proposé constitue un espace au carrefour duquel seront mis en lumière des enjeux qui (re)traduisent la structure concrète et symbolique des différents systèmes d’oppression, dont le patriarcat. Certains objets de recherche plus classiques articulés autour des violences de genre, des représentations culturelles et des discours, du langage et de l’écriture ou encore de l’écoféminisme, sont toujours étudiés. Ceux-ci sont revisités avec des outils théoriques et méthodologiques hérités des débats traversant notamment le champ des études féministes et de genre. D’autres objets de recherche voient le jour à la faveur de disciplines émergentes comme la philosophie pour enfants, les études queer, les perspectives décoloniales, la théorie animée du cinéma d’animation. Enfin, des milieux de pratique et militants embrassent des postures féministes aux fins de mobilisation organisationnelle, comme c’est le cas dans le domaine de la musique au Québec. Ces enjeux seront donc au cœur du colloque « Focus sur de nouvelles avenues en recherche féministe ».
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