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Faire avancer les droits au sein des institutions démocratiques coloniales : une analyse du travail des députés et sénateurs autochtones au parlement du Canada

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Simon Dabin

Résumé de la communication

Depuis 2011, chaque élection fédérale a connu un nombre de candidatures autochtones plus important que la précédente. De façon concomitante, depuis l'élection fédérale de 2015, sont élu.e.s à chacune des législatures entre 11 et 10 député.e.s autochtones. Finalement, dans la même période (entre 2015 et aujourd'hui), sept sénateurs et sénatrices autochtones ont été nommé.e.s. Tous ces éléments démontrent que, si le Parlement canadien n'est pas le principal espace dans lequel les nations, les organisations et les individus autochtones luttent pour leurs droits, il n'en demeure pas moins vrai que depuis quelques années il devient un espace investi par un certain nombre d'autochtones. Depuis quelques années, je travaille sur les déterminants, les significations et les implications de l'engagement des député.e.s, des sénateur.rice.s et des candidat.e.s autochtones donc de ces personnes qui décident de s'impliquer au sein des institutions représentatives d'un pays qui est une colonie d'établissement. Dans cette présentation, j'exposerai les résultats d'entretiens avec ces personnes en insistant sur l'analyse de leurs propos concernant la tension entre leurs actions et les mouvements visant l'autodétermination des nations autochtones.

Résumé du colloque

Les peuples autochtones se sont imposés comme des acteurs incontournables au Canada. Leurs mobilisations politiques et sociales ont abouti sur des avancées majeures sur le plan de la reconnaissance de leurs droits fondamentaux et de leurs droits ancestraux. Elles ont aussi amené les Canadiens à faire face à des aspects de leur histoire longtemps occultés, comme ce fut le cas pour les écoles résidentielles. Le terme « réconciliation » est désormais présent dans le discours de la quasi-totalité des institutions politiques et publiques, des universités, des médias ou des entreprises. Cependant, ces avancées semblent encore insuffisantes afin de renverser profondément les rapports de pouvoir entre Autochtones et allochtones au Canada. Les écarts socioéconomiques entre les nations autochtones et les Canadiens sont encore considérables, la Loi sur les Indiens suscite toujours autant de débats et les violences et discriminations envers les Autochtones persistent. Plus de 30 ans après la Commission royale sur les peuples autochtones et 7 ans après les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, les enjeux, les défis et les contradictions des politiques menées continuent donc de remettre en question la nature de l’État colonial canadien et les relations entre Autochtones et allochtones.

Ce colloque fera un état des lieux et explorera les avenues possibles de la mise en œuvre des droits autochtones au Canada. Quelles sont les perspectives des acteurs (étatiques, autochtones, privés, etc.) concernant la reconnaissance, l’avancement et la mise en œuvre des droits autochtones? Quels en sont les opportunités, les potentiels et les limites? De quelles façons la réconciliation est-elle concrètement mise en œuvre dans les politiques publiques et le droit? Dans un contexte où tout le monde parle de réconciliation, quelles sont les tensions et les contradictions qui entourent ces discours dans divers contextes (ex. : gouvernance des ressources naturelles, élections, bien-être, etc.)?

Contexte

section icon Thème du congrès 2022 (89e édition) :
Sciences, Innovations, Sociétés
Discutant-e- de la session : Zoé Boirin Simon Dabin
section icon Date : 10 mai 2022

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