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Florence Blouin : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Les abrasifs épandus sur le réseau routier en viabilité hivernale doivent être retirés au printemps lors des opérations de balayage de rue. Au Québec, les milliers de tonnes de balayures récupérées annuellement, qui sont sujettes à une stricte réglementation environnementale, sont essentiellement enfouies. Afin de contrer les effets négatifs monétaires et environnementaux de l’enfouissement, une partie des balayures collectées pourrait être réemployée en abrasifs créant de cette manière une chaîne de valeur circulaire. En effet, suivant un procédé de tamisage et de fabrication combinant des abrasifs vierges et des balayures conditionnées, des tests de caractérisation des critères normatifs et d’épandage statique ont permis de démontrer la faisabilité technique de la valorisation des balayures de rue en abrasifs. Ce projet de recherche propose un modèle de simulation afin d’analyser la performance du modèle linéaire actuel comparativement à une chaîne circulaire. Deux cas d’étude ciblant le réseau routier provincial ont permis de vérifier la faisabilité économique et l’impact environnemental d’une transition vers un modèle circulaire. Au-delà des résultats indiquant le potentiel d’élaboration d’un scénario viable, des perspectives de recherche seront présentées, dont l'élaboration d’une méthodologie pour le design de la chaîne de valeur circulaire d’un point de vue systémique et la conception des modèles d’affaires interorganisations nécessaires à sa mise en œuvre.
L’économie circulaire fait de plus en plus consensus sur le plan international comme système de production et de consommation capable, du moins en théorie, de rallier les impératifs économiques, environnementaux et sociaux et de contribuer massivement à la rencontre des objectifs globaux de réduction des GES, de même qu’à certains objectifs de développement durable du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Porté par les grandes instances internationales (PNUE, OCDE, Fonds pour l’environnement mondial, Institut des ressources mondiales, Organisation internationale du travail, etc.), ce modèle économique n’a toutefois, jusqu’à présent, jamais été déployé à grande échelle. Ainsi, alors que le taux de circularité de l’économie mondiale ne serait que de l’ordre de 8,6 % sur les 100 milliards de tonnes de matières qui alimentent annuellement l’économie, des scientifiques soutiennent que doubler ce taux permettrait d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Au Québec, la situation est encore plus dramatique, car le taux de circularité, dévoilé par un rapport rendu public au printemps 2021 par RECYC-QUÉBEC, ne serait que de 3,5 %, soit moins de la moitié du taux de circularité mondial. Les Québécois seraient donc parmi les champions du gaspillage, avec une consommation moyenne de ressources par habitant de l’ordre de 32 tonnes par an, comparativement à la moyenne mondiale qui se situerait aux alentours de 12 tonnes. La surconsommation de ressources entraîne son lot d’impacts environnementaux (émissions de GES, pollution en tout genre, perte de biodiversité, destruction des écosystèmes, etc.), mais également sociaux (impacts sur la santé, surendettement, inflation, etc.). La pertinence d’une transition vers l’économie circulaire ne fait aucun doute, mais les barrières à son accession sont nombreuses et nécessitent une approche systémique pour les lever en toute cohérence. Sur le plan de la recherche, de nouvelles approches collaboratives sont à élaborer et de nouvelles technologies et politiques publiques sont à développer. Sur le plan de la formation, de nouveaux cursus sont à concevoir.
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