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Sarah Blais : Université Laval
La transition globale vers des énergies renouvelables dans une société à faible émission de carbone explique l’augmentation de la demande pour les métaux critiques et stratégiques (MCS), tels le nickel, cobalt, et les éléments du groupe du platine (EGP). Ces tendances placent le Québec dans une position unique, notamment grâce au gisement de classe mondiale Raglan (100 Mt Ni-Cu-Co-EGP), Nunavik. Or, depuis la découverte du gisement de Raglan, autres gisements (e.g., Nunavik Nickel) ont été identifiés, indiquant que le Grand Nord du Québec recèle encore d’importantes réserves MCS. Géologiquement, les gisements Ni-Cu-Co-(EGP) sont associés avec des grandes provinces ignées (LIPs) générées par la magmatisme et extension crustale aux marges des anciens cratons archéens. Ici, on étudie les traceurs géochimiques pour mieux comprendre les processus magmatiques (degré de: cristallisation fractionnée, fusion partielle du manteau, contamination crustale) afin d’évaluer le potentiel de fertilité de deux LIPs importantes dans l’Orogène d’Ungava, Nunavik: le Circum-Supérieur (1.9 Ga) et le Minto Povungnituk (2.0 Ga). D’après les résultats, le Groupe de Chukotat (1.9 Ga) présente un enrichissement en éléments chalcophiles (Cu/Zr entre 1 et 10) et EGP (PtMP, PdMP >1) sans avoir subi un haut niveau de cristallisation fractionnée. Par contre, le Groupe de Watts (2.0 Ga) a subi trop de cristallisation fractionnée (Sr/Yb >100; TiO2 >1.5 wt%) pour accumuler une quantité suffisante de MCS.
Les États et les gouvernements membres de la francophonie, où le Québec occupe une place majeure, regorgent de ressources minérales riches dont certaines sont catégorisées comme critiques et stratégiques. Ces ressources suscitent actuellement une forte demande mondiale pour la transition énergétique et technologique en vue de reconstruire une économie post-COVID plus verte et sobre en carbone. L’industrie minière est un moteur important de l’économie québécoise. Elle représente 48 000 emplois directs, indirects et induits; et contribue annuellement à plus de 9 milliards de dollars au PIB du Québec. Cependant, si les activités minières ne sont pas conduites de manière responsable, elles peuvent entraîner la pollution de l’air, du sol et de l’eau, la contamination par les métaux, l’érosion et la sédimentation, autant d’impacts qui sont amplifiés par les défis du changement climatique. D’où l’importance de rétablir les services écosystémiques des sites miniers, une fois exploités, par la restauration écologique. Au Québec, depuis quelques années, l’acceptabilité sociale (AS) des projets miniers par les populations est un préalable pour l’octroi d’agréments aux compagnies. Elle a davantage gagné en importance ces dernières années avec la publication en février 2016 du livre vert intitulé Orientations du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles en matière d’acceptabilité sociale, tout comme pour le développement durable du secteur minier dans une perspective internationale francophone. Le colloque est en lien direct avec le développement minier responsable qui tient compte des piliers du développement durable (social, économique, environnemental et bonne gouvernance). Il est aussi en lien étroit avec la décennie des Nations Unies pour la restauration des écosystèmes (2021-2030), dont l’objectif commun est de prévenir, d’enrayer et d’inverser la dégradation des écosystèmes dans le monde entier en visant à restaurer la planète et à assurer la santé des hommes et de la nature selon le concept « Une seule santé ».
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