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Axel Bérand Nguepsie : Université Laval
Les cérémonies funéraires bamiléké (Cameroun) ne peuvent-elles pas être caractérisées par une situation de créativité artistique? Le constat empirique qui se dégage des rituels funéraires chez les Bamiléké du Cameroun fait état du foisonnement des pratiques et représentations collectives. Celles-ci ont souvent fait l’objet, dans la littérature existante, d’interprétations mettant en avant leurs fonctions sociales et cultuelles. Malgré les jalons d’une analyse prenant en compte les aspects artistiques de ces institutions sociales, jetés par quelques chercheurs, cette perspective ne semble pas avoir bénéficié d’une attention suffisante pour l’explorer dans sa pleine mesure. Ainsi, l’objectif de ce travail est de documenter quelques catégories artistiques mises en œuvre à travers les funérailles chez les Grassfields, en expliquant l’agentivité des deuilleurs dont la créativité génère une dynamique interne des funérailles. Cette réflexion prend appui sur des données d’observation de quelques cérémonies de la seconde sépulture au sein de la communauté Fotouni qui abrite une chefferie de deuxième degré du bassin ethnoculturel bamiléké à l’Ouest du Cameroun. Après avoir précisé le cadre théorique et méthodologique, nous convoquons la sémiostylistique de Molinié afin d’analyser successivement les caractéristiques de la poésie orale funéraire, l’esthétique théâtrale des cérémonies observées ainsi que leurs significations socioreligieuses.
Les études sémiotiques et l’anthropologie connaissent des recoupements disciplinaires évidents, qui ne sont toutefois pas toujours reconnus ou travaillés comme tels. Toutes deux constituent des champs disciplinaires très vastes, qui comprennent des sous-domaines d’étude relativement autonomes, dont l’objet est dans tous les cas multiforme. Si l’anthropologie étudie l’humain, les sociétés et les cultures humaines, elle multiplie pour ce faire ses focales, ses méthodes, ses approches et ses visées, se penchant tant sur le processus biologique d’hominisation et les vestiges archéologiques des sociétés passées que sur la dimension symbolique et les diverses pratiques inhérentes aux cultures et sous-cultures contemporaines. De leur côté, les études sémiotiques traitent des signes et des médiations au moyen desquels les êtres vivants communiquent, interprètent et organisent le monde symbolique et pratique dans lequel ils évoluent au quotidien. En restreignant l’objet de la sémiotique à la sphère d’influence de l’activité humaine, et en considérant l’activité signifiante comme base de toute interaction humaine, nous posons que signe et sens commun forment un seuil pour l’étude des pratiques et des cultures humaines. Mais encore faut-il montrer la pertinence d’établir un seuil aussi fondamental. Ce colloque invite les chercheurs·euses œuvrant en sémiotique, en anthropologie (ou disciplines connexes : ethnologie, linguistique, sociologie, arts et lettres, communication, etc.) à venir partager l’état de leurs recherches et travaux sur les signes humains. Nous intéressent : les pratiques sémiotiques ordinaires, politiques ou artistiques, et plus largement les systèmes de signes, de croyances et l’implication des axiologies sur les échanges et la circulation des biens symboliques dans l’espace public, au sein des groupes humains et des cultures, les méthodes d’enquête en vue d’étudier de tels phénomènes aussi bien que les excursions théoriques qui en découlent.
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