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Romain Paumier : Université de Montréal
Au Québec, l’institutionnalisation de certains pans du milieu communautaire, par son ancrage croissant dans une économie de services parapublics, semblent transformer les pratiques politiques et démocratiques des organismes. Il apparait ainsi que les tensions financières récurrentes et les dynamiques de hiérarchisation des organisations mettent en concurrence et en opposition différents intérêts et légitimités politiques, en opposant particulièrement le personnel y travaillant et les publics qu’il est censé desservir.
À partir d’une ethnographie de deux ans auprès d’organismes communautaires en réduction des méfaits à Montréal, cette communication analyse cette mise en opposition à travers trois mécanismes principaux. Premièrement, la distinction rhétorique entre les catégories « intervenant.es » et « usagers », aux intérêts pensés comme divergents et strictement opposés. Deuxièmement, la légitimation par le registre de la vocation d’une précarité des emplois et des risques au travail. Troisièmement, l’aménagement de la critique interne par l’éloignement des employé.es comme des publics des processus décisionnels des organismes, et la canalisation de leurs revendications respectives devant emprunter « les bons canaux ».
Le contrôle de ce qui est acceptable ou admissible dans la sphère politique a de lourdes conséquences sur la vie démocratique de toute société, sur le dynamisme des groupes qui souhaitent y prendre part, de même que sur la mise en visibilité des problèmes sociaux. Pourtant, la notion de profilage politique a une histoire somme toute récente au Québec. Elle a été développée grâce aux démarches de groupes politiques ayant vécu un traitement asymétrique basé sur des stéréotypes (Goyette, Bellot et Sylvestre, 2014). Des acteurs se sont inspirés des notions de profilage racial et social dans le but de faire reconnaître son existence (Dupuis-Déri, 2014). Les particularités du profilage à caractère politique et ses zones d’interaction avec les autres types de profilages sont en ce sens encore marginales dans la littérature en sociologie, en travail social et en science politique. Le colloque « Actions politiques et profilages » permettra d’actualiser et de développer le concept de profilage politique, notamment dans ses intersections avec d’autres formes de profilage. À travers une lunette plus collective qu’individuelle, ce colloque invite à réfléchir sur l’intentionnalité politique derrière les profilages, de même que sur les manières dont les acteurs collectifs les contestent. Les contributions à l’avancement des connaissances sur les profilages de l’action politique seront déclinées en deux temps : 1) les profilages de la défense de droits; et 2) les profilages de l’action politique dans l’espace public.
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